Le prix de l'eau est abusif dans les grandes villes...

Collectivités territoriales | 31.01.06
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Le prix de l'eau est abusif dans les grandes villes... - Batiweb
L'association de consommateurs UFC-Que Choisir estime que le prix de l'eau est "abusif" dans les grandes villes françaises, en se fondant sur une étude publiée lundi, qui relève des différences importantes entre son prix de revient et son prix de vente.
"Les prix de l'eau des villes de plus de 300.000 habitants sont beaucoup trop élevés", juge l'association, qui estime que "les services des eaux constituent des profits inacceptables sur ces marchés". Le Syndicat des eaux d'Ile-de-France (SEDIF), le plus grand de France, facture ainsi son eau "2,5 fois plus cher que ce qu'elle coûte", avec "une marge nette de 59%", selon l'étude de l'UFC. Le préjudice pour les consommateurs desservis par ce syndicat, qui regroupe 144 communes de banlieue parisienne, "dépasse les 200 millions d'euros par an", selon l'association.

Lyon facture l'eau 1,7 fois plus cher que ce qu'elle coûte, tandis que Strasbourg et Nantes la facturent 1,5 fois plus cher, selon l'étude de l'association, qui compare un prix de revient hors taxe estimé et le prix de vente constaté dans 31 villes. La situations des villes moyennes est contrastée, certaines proposant une eau proche de son prix de revient, d'autres comme Reims la proposant 1,7 fois plus cher. Le prix constaté dans les petites villes est jugé globalement satisfaisant. Pour les grandes villes, le taux de marge nette sur chiffre d'affaires, qui permet de chiffrer la rentabilité d'une activité, est "beaucoup plus élevé" dans le secteur de l'eau que dans la plupart des autres secteurs d'activité en France.

Deux entreprises, Veolia et Lyonnaise des eaux (Suez) "se partagent le marché des grandes villes", qui fait figure de "duopole quasi-immuable", relève par ailleurs l'association. Le Conseil de la concurrence avait appelé en novembre à plus de concurrence sur le marché de l'eau en Ile-de-France et infligé une amende de 400.000 euros à la Lyonnaise des eaux et de 100.000 euros au Sedif pour non-respect des règles de marché. L'UFC réclame un avis obligatoire du Conseil de la concurrence pour les renouvellement de contrat des villes de plus de 100.000 habitants et la création d'un Haut conseil de l'eau pour établir des normes et des comparatifs de prix.

Elle souhaite également une mission d'information du Parlement sur les moyens de mettre fin à la concentration du secteur.

Redacteur