Fusion Abertis/Autostrade: Rome se défend de tout protectionnisme

Dernières dépêches AFP | 21.08.06
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Fusion Abertis/Autostrade: Rome se défend de tout protectionnisme - Batiweb
MADRID, 20 août 2006 (AFP) - Le ministre italien des Infrastructures a nié tout protectionnisme dans le blocage de la fusion entre les sociétés autoroutières espagnole et italienne Abertis et Autostrade, dont la concession va être réexaminée, dans un entretien à un journal espagnol.
"L'affaire n'est pas italo-espagnole, mais exclusivement italienne", a déclaré Antonio di Pietro dans un entretien publié dans l'édition dominicale du quotidien El Mundo. "Le gouvernement italien s'oppose au transfert de la concession de l'actuel titulaire (Autostrade) à un autre (la future Abertis après l'absorption d'Autostrade) avant que soient résolus les problèmes liés à la convention passée avec Autostrade Italia", a-t-il ajouté. La fusion des deux sociétés donnerait naissance au premier groupe mondial d'autoroutes, dominé par des capitaux espagnols, avec 17.000 employés, plus de 6.700 km d'autoroutes et une capitalisation boursière de 25 milliards d'euros.

Elle a été bloquée début août par le gouvernement italien, qui l'estime contraire à la loi de concession et de privatisation des autoroutes italiennes. Pour Rome la présence dans l'actionnaire de référence Abertis d'une entreprise de travaux publics, l'espagnoles ACS, entraîne un conflit d'intérêts. L'opération annoncée fin avril avait en outre déclenché une tempête de critiques sur la gestion d'Autostrade (3.500 km d'autoroutes) par le groupe Benetton depuis sa privatisation en 1999.

"Nous ne sommes absolument pas opposés à Abertis. En revanche, nous avons de très grandes réserves concernant la concession d'Autostrade et estimons qu'elle doit être révisée car elle porte gravement atteinte à l'intérêt public de notre pays", a déclaré à El Mundo l'ancien magistrat. "Si Abertis veut acquérir Autostrade, il peut le faire. Mais il doit savoir qu'il va acquérir une entreprise dont le fonds de commerce est sujet à révision, avec toutes les conséquences économiques et légales qu'implique cette situation", a-t-il encore prévenu.

Redacteur