Les collectivités s’engagent pour lutter contre l’artificialisation des sols (enquête) Développement durable | 02.03.21

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Pour sa 9ème enquête, l’Observatoire des villes vertes a souhaité interroger les collectivités sur l’intégration de l’enjeux d’artificialisation des sols. 18 grandes villes françaises ont ainsi répondu via un questionnaire envoyé sur leurs stratégies mises en place et leur pratiques futures. Afin de préserver la biodiversité, la plupart semblent privilégier des actions concrètes comme végétaliser les toitures, verdir les cours d’écoles… Explications.

Créé en 2014 par l’Unep (les Entreprises du Paysage) et Hortis, l’Observatoire des villes vertes a pour mission de développer la réflexion sur les perspectives de la ville verte en France, de détecter les signaux faibles en donnant à voir les innovations et les pratiques qui renouvellent les approches du vert en ville et enfin promouvoir le foisonnement d’initiatives végétales en milieu urbain. L’observatoire propose également des cartographies dynamiques, réalise de nombreuses enquêtes thématiques et d’opinion, et publie tous les 3 ans le « Palmarès des villes vertes de France. »

A l’aube de la mise en instruction parlementaire du projet de loi Climat et Résilience contenant des mesures sur la densification urbaine, 16 villes interrogées sur 18 déclarent s’être emparées du sujet de la lutte contre l’artificialisation des sols.

« L’argument de l’attractivité des villes va sûrement jouer pour beaucoup, et ce d’autant plus en anticipation des prochains confinements, pour éviter un exode trop important d’habitants fuyant les grandes places urbaines pour plus de vert », explique Laurent Bizot, président de l’Unep et co-président de l’Observatoire des villes vertes.

Trois ambitions pour lutter contre l’artificialisation des sols 

Afin d'améliorer la qualité de l’air et l’attractivité de la ville, les collectivités interrogées ont à cœur de favoriser la biodiversité en ville, d’améliorer le cadre de vie des administrés et, enfin, de lutter contre les îlots de chaleur urbains. L'enquête révèle d’ailleurs que « les arguments d’ordre économique semblent aujourd’hui moins évidents ou prioritaires : l’essor économique du cœur de ville et la préservation des zones périurbaines agricoles arrivent en bas des raisons invoquées ».

Réalisée du 15 octobre au 7 décembre 2020, l'enquête indique qu’un peu plus de la moitié des villes répondantes (12 sur 18) se lancent ou se sont lancées dans une revitalisation de leurs friches urbaines. Le projet Reims Grand Centre, par exemple, qui vise à intégrer un important volet végétal (150 arbres, 18 350 arbustes et plantes vivaces, 3 000 m² de prairies, forêt urbaine sur 1 600 m²). 

8 sur 18 envisagent également le verdissement de leurs cours d’écoles. A Paris par exemple, la ville a lancé l’initiative des cours Oasis. « Pensés comme des îlots de fraîcheur au cœur des quartiers », elles pourront notamment  accueillir un public plus large en dehors des temps éducatifs et devenir des « refuges » pour les personnes vulnérables durant les vagues de chaleur. En plus d’aménagements plus ludiques dans un objectif d’amélioration du bien-être des écoliers, ce projet de rénovation consiste à avoir une meilleure gestion de l’eau de pluie. A l’image de Nancy, Montpellier, Nice ou encore Poitiers, qui désirent développer des projets similaires. 

A Perpignan, la ville lance sa nouvelle campagne intitulée « Fleurs des villes » qui vise à promouvoir des opérations de fleurissement des rues aux abords des habitations dans le but d’améliorer le cadre de vie.

Concrètement, les villes investissent dans des travaux de désimperméabilisation, la solution préférée des collectivités (15 villes sur 18). 

Les collectivités n’avancent plus seules 

Désormais les collectivités interrogées ne travaillent plus seules. En effet, elles intègrent dans leurs réflexions et dans leurs projets de renaturation urbaine, des acteurs privés tels que des bailleurs sociaux, promoteurs immobiliers et/ou citoyens. De la même manière que pour la ville de Nancy, à Grenoble par exemple, la ville propose jusqu’à 8 000 € de subvention pour des travaux de leurs jardins à hauteur de 70 % si les espaces verts sont visibles depuis l’espace public. 

Fortement impactés par la crise sanitaire liée au covid-19, les chantiers publics, pourtant annoncés en grand nombre en 2020, sont encore à l'arrêt et pourraient pâtir d’un ralentissement des investissements dans les infrastructures publiques. 

« L’urgence de protéger la biodiversité et de sanctuariser des îlots de fraîcheur en ville a bien été saisie par les municipalités », se félicite Pascal Goubier, président d’Hortis et co-président de l’Observatoire. « Pour autant, les sujets de l’attractivité et de l’essor économique devraient devenir les prochains piliers des politiques de végétalisation, en associant les citoyens et les acteurs privés dans cette démarche », précise-t-il.

 

Marie Gérald

Photo de Une : Observatoire des villes vertes

Redacteur

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