Le CESE publie son projet d'avis sur la qualité de l'habitat Eco-construction | 12.04.17

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Le Conseil économique, social et environnement a voté son projet d’avis « La qualité de l’habitat, condition environnementale du bien-être et du mieux vivre ensemble » à 164 voix pour et 1 abstention. Ce document comprend 26 recommandations concrètes pour améliorer la qualité de l’habitat et atteindre les objectifs 2025 et 2050 fixés par la loi sur la croissance verte.
Le CESE, dont l’avis sur les projets de loi à caractère économique, social et environnemental est obligatoire, a livré son projet d’avis intitulé « La qualité de l’habitat, condition environnementale du bien-être et du mieux vivre ensemble ». Ce dernier, lancé par autosaisine (c'est-à-dire, de la propre initiative du CESE), a pour but d’attirer l’attention du gouvernement et du parlement sur des réformes qui sont à ses yeux nécessaires.

Le rapport, qui met en avant l’importance de la qualité de l’habitat dans le bien-être des habitants, propose plusieurs mesures afin de l'améliorer. Le rapport juge également la transition écologique comme « une opportunité pour repenser l’habitat ». Il fait aussi la promotion d’une nouvelle gouvernance du logement, dans laquelle les citoyens pourraient jouer un rôle plus important.

Repenser l’habitat de manière plus écologique

Le CESE propose d’accélérer la trajectoire de la composante carbone de la TICPE (Taxe Intérieure sur la Consommation des Produits Energétiques) dès 2018, afin de doubler le montant du chèque énergie et d’atteindre les objectifs fixés par la loi de transition énergétique pour la croissance verte. La rénovation du parc privé, dont 90% des logements ont plus de 20 ans, est considérée comme ''LE'' défi apporté par la législation, auquel il est indispensable de répondre.

Dans la conception de l’espace public, le CESE a tenu à rappeler l’importance de la prise en compte des mobilités actives. Marche, vélo, ne doivent pas être oubliés, afin de ne pas faire de la ville un espace réservé aux voitures aux dépens des habitants. Le CESE appuie son argumentaire par les déplacements locaux.

58% des actifs font en voiture un trajet domicile-travail inférieur à 1km, aisément réalisable à vélo. Donner plus de facilité pour réaliser ce parcours d’une manière moins polluante n’est donc pas un vain combat.

Si la pollution pose problème, c’est sous toutes ses formes. Le rapport se désole du manque de prise en compte des pollutions sonores, visuelles, olfactives. Afin de s’en prémunir et de comprendre leur effet sur le long terme, le CESE définit comme prioritaire la mise en place de programmes de bio-surveillance. Il encourage aussi les villes à devenir « plus vertes » : jardins collectifs, plantations, potagers peuvent favoriser à la fois la santé, le bien-être et la coopération entre les habitants.

Un habitat plus résilient qui répond aux attentes de l’habitant

La résilience de l’habitat est un autre sujet de préoccupation du CESE, qui y consacre plusieurs recommandations. Parmi ces dernières, l’importance de la préparation aux risques dans la conception de l’habitat. En 2017, dans une des plus puissantes économies mondiales, il est nécessaire de pouvoir construire des bâtiments capables d’assurer un fonctionnement minimal en temps de catastrophes naturelles qui, avec le réchauffement climatique, ont de plus en plus de chances de se produire.

Selon le CESE, l’habitant doit aussi être mis au cœur de son dispositif d’habitation. Cet objectif passe par le soutien du logement participatif, permettant aux résidents de co-concevoir leurs biens et les espaces de vie partagés. Le CESE souhaite également la création de « chartes de l’habitant.e » pour associer ces derniers et améliorer le vivre-ensemble.

Enfin, le développement d’approches sexuées dans l’espace public est préconisé, afin d’améliorer le bien-être et la présence des femmes dans la ville, en renforçant leur légitimité et leur capacité à se déplacer, sans danger, à tout moment dans la ville.

F.T
Photo de Une : @lecese (Twitter)
Redacteur

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