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Aldes EasyHOME SensAIR, une VMC qui prend en compte la qualité de l’air

Publié le 03 octobre 2026 à 11h35, par Nils Buchsbaum

Avec EasyHOME SensAIR, Aldes propose une VMC simple flux qui module les débits selon plusieurs indicateurs de qualité de l’air intérieur.
© Aldes - Batiweb
© Aldes

Traiter l’humidité ne suffit plus. C’est, en substance, le pari fait par Aldes avec EasyHOME SensAIR, sa solution de ventilation simple flux lancée au printemps 2025. Le fabricant veut faire évoluer un équipement bien connu des logements en ajoutant une régulation plus fine de la qualité de l’air intérieur, sans bouleverser pour autant les habitudes d’installation.

Le principe de la VMC simple flux reste inchangé. L’air vicié est extrait dans les pièces humides – cuisine, salles de bain ou sanitaires – tandis que l’air neuf pénètre dans les pièces de vie par des entrées d’air. Le renouvellement s’effectue ensuite par balayage à travers le logement. Sur les systèmes hygroréglables traditionnels, le débit varie principalement en fonction de l’humidité.

EasyHOME SensAIR cherche à aller plus loin. Au niveau du groupe de ventilation, des modules de régulation équipés de clapets motorisés adaptent le débit en fonction des besoins. Le système s’appuie notamment sur des mesures d’humidité, de CO₂, de composés organiques volatils (COV) et de particules fines. Dans les pièces de vie, des capteurs déportés peuvent compléter le dispositif afin de transmettre au groupe le besoin d’augmenter le renouvellement d’air.

« Aujourd’hui, on utilise l’humidité comme traceur d’activité humaine. Il y a d’autres polluants et on sensibilise de plus en plus les gens autour de ça », explique Aurélie Péneau, directrice marketing d’Aldes. 

 

Réguler la ventilation au plus près des besoins

 

Dans les systèmes hygroréglables classiques, la modulation du débit repose souvent sur un mécanisme directement intégré à la bouche. Aldes déplace ici une partie de cette intelligence vers le groupe de ventilation. Chaque branche peut ainsi être régulée séparément en fonction des informations remontées par les capteurs.

La logique consiste à augmenter le débit lorsqu’un niveau de polluant dépasse le seuil prévu, puis à l’ajuster ailleurs dans le logement, afin d’éviter une ventilation uniforme et permanente à puissance élevée.

Le fabricant revendique notamment jusqu’à 60 % d'émissions de CO₂ supplémentaire extraites dans les chambres selon les configurations et conditions d’essai. La question de la qualité de l’air ne se résume toutefois pas au seul dioxyde de carbone. Les COV peuvent notamment provenir des peintures, colles, solvants, bougies ou produits utilisés dans le logement, tandis que la cuisson constitue elle aussi une source de particules fines.

Pour Aldes, cet élargissement des paramètres surveillés permet de répondre à une limite des systèmes uniquement hygroréglables. Mais la technologie ne transforme pas pour autant une VMC en équipement magique. Aurélie Péneau rappelle ainsi qu’après une douche, le dispositif n’empêchera évidemment pas l’apparition immédiate de buée dans une salle de bain.

Grâce à la mesure de pression intégrée aux modules de régulation, le système peut fonctionner à faible pression et réduire ainsi les vitesses d’air. Aldes annonce une pression acoustique de 9,7 dB(A), mesurée à deux mètres de la bouche cuisine en champ semi-libre.

 

Une installation sous contrôle

 

L’un des points les plus intéressants du système concerne le contrôle de l’installation.

« Le groupe tout seul peut être très intelligent, mais s’il est mal installé, il ne marchera pas », résume Aurélie Péneau. EasyHOME SensAIR intègre ainsi une fonction d’autodiagnostic destinée notamment à contrôler le réseau lors de la mise en service. Le système peut détecter un problème de débit ou une branche présentant un défaut d’étanchéité, afin d’orienter l’installateur vers la partie du réseau à vérifier.

Un point loin d’être secondaire dans une installation de ventilation : mauvais équilibrage, pertes de charge ou fuite sur un conduit peuvent compromettre les performances du système, quelle que soit la sophistication du groupe.

Aldes a également cherché à limiter la complexité de pose. Les modules viennent se connecter aux piquages sans câblage supplémentaire entre eux, tandis que le groupe peut remplacer une VMC existante en conservant, lorsque leur état le permet, les réseaux déjà installés. Le produit s’adresse ainsi aussi bien au neuf qu’à la rénovation.

Cette simplicité constitue aussi l’un des arguments avancés face à la VMC double flux. Aurélie Péneau ne prétend d’ailleurs pas que le simple flux lui serait techniquement supérieur. « C’est pas forcément mieux, c’est plus facile à installer », estime-t-elle. La double flux permet notamment de récupérer de l’énergie sur l’air extrait et de filtrer l’air insufflé, mais nécessite deux réseaux et une conception plus poussée du système de ventilation.

 

La qualité de l'air a un prix

 

Reste la question du prix. Selon Aurélie Péneau, EasyHOME SensAIR coûte environ 1 200 euros fourni-posé pour un particulier, contre 750 à 800 euros pour une installation hygroréglable classique. Des montants indicatifs, qui peuvent varier en fonction du logement, de l’état du réseau et des conditions de pose.

Cet écart pose surtout la question de la valeur accordée à une meilleure maîtrise de la qualité de l’air intérieur, et de la disposition des particuliers ou des constructeurs à assumer un surcoût pour ce bénéfice.

« On est un peu en avance de phase, c’est assez certain. C’est jamais facile de valoriser la qualité d’air ou de vendre plus cher de la qualité d’air, parce que les gens ne sont pas prêts forcément à mettre plus d’argent », reconnaît la responsable d’Aldes.

Le fabricant ne présente d’ailleurs pas encore SensAIR comme une solution de masse. Il dit en revanche rencontrer l’intérêt de constructeurs cherchant à différencier leur offre sans basculer vers une installation double flux plus lourde.

La question dépasse ainsi le seul produit. Dans un secteur où la ventilation a longtemps été abordée d’abord sous l’angle des débits réglementaires et de la consommation énergétique, Aldes parie sur une montée progressive de la qualité de l’air intérieur dans les critères de conception des logements.

 

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Nils Buchsbaum
Journaliste - Batiweb

Nils Buchsbaum est journaliste à la rédaction de Batiweb. Il suit l’actualité du BTP, de l’urbanisme et de la construction durable, avec une attention particulière portée à la prévention des risques, aux enjeux environnementaux et aux évolutions législatives.

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