MaPrimeRénov' : le CNH rejette la réduction des aides aux travaux par geste

Le Conseil national de l'habitat (CNH), instance consultative réunissant les acteurs du logement, a rejeté, jeudi 2 juillet, deux projets de textes du gouvernement visant à réduire la liste des travaux isolés éligibles aux aides MaPrimeRénov', selon un avis consulté par l'AFP.
Le gouvernement recentre les aides sur les rénovations globales
Le décret et l'arrêté, dont la publication est attendue prochainement, réduisent fortement le périmètre des travaux éligibles aux aides à la rénovation « par geste », qui financent des interventions réalisées de manière isolée, contrairement aux aides destinées aux rénovations globales, lesquelles combinent plusieurs types de travaux.
Concrètement, ces textes prévoient de retirer de la liste des travaux éligibles l'installation de poêles à bois ou à granulés, de chauffe-eau et de systèmes de chauffage solaires (à l'exception des Outre-mer), de pompes à chaleur dédiées à la production d'eau chaude sanitaire, de systèmes de ventilation, ainsi que les travaux d'isolation des toitures et des combles, et le remplacement des fenêtres.
En revanche, resteraient éligibles aux aides l'installation de pompes à chaleur destinées au chauffage (air/eau, géothermiques et solarothermiques), le raccordement à un réseau de chaleur, la réalisation d'un audit énergétique, la dépose d'une cuve à fioul, ainsi que certains travaux spécifiques aux immeubles situés en Outre-mer.
Les aides MaPrimeRénov' consacrées aux rénovations globales ne sont pas concernées par ces évolutions et continueront de financer l'ensemble de ces travaux.
Une large majorité du CNH vote contre les textes
Le Conseil national de l'habitat (CNH) s'est prononcé contre cette réforme, avec 25 voix défavorables, six favorables et sept abstentions, selon l'avis consulté par l'AFP. Cet avis reste toutefois consultatif et n’oblige pas le gouvernement.
Le ministère du Logement a justifié ces nouvelles règles en assumant « un choix de responsabilité: concentrer l'argent public sur les rénovations les plus efficaces », privilégiant ainsi les rénovations globales « dans un contexte budgétaire contraint et en cohérence avec le "plan électrification" annoncé en avril ».
Les professionnels du bâtiment vent debout contre la réforme
Cette réforme suscite de vives critiques dans le secteur. Audrey Zermati, directrice de la stratégie d'Effy, entreprise spécialisée dans la rénovation de maisons, y voit ainsi un « nouveau signal désastreux envoyé à la rénovation énergétique ».
De son côté, la Fédération française du bâtiment accuse le gouvernement de « renoncer à la rénovation énergétique » avec cette « décision incompréhensible et à contre-sens des ambitions environnementales affichées ».
Le président de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), Jean-Christophe Repon, s’est montré inquiet des conséquences de cette réforme : « Le pire ennemi de la rénovation, ce n'est pas le monogeste, c'est l'absence de travaux. Si l'on demande aux Français de tout faire d'un coup, beaucoup renonceront tout simplement à rénover leur logement ».
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