Architecture : l’IA peut-elle prendre la place de l’architecte ?

Le 1er octobre, dernier jour du Paris Builders Show, une conférence intitulée «IA et conception architecturale : qui mène la danse ? » se tenait sur le salon.
Parmi les intervenants : Anouk Legendre, architecte chez XTU Architects, Julie-Laure Anthonioz, directrice de projets chez Enia Architectes, et Olivier Campagne, artiste visuel indépendant.
L’IA, un nouvel allié pour gagner du temps et se démarquer
Pour l’architecte Anouk Legendre, l’intelligence artificielle est devenue un précieux outil pour la rédaction de notes méthodologiques et répondre aux appels d’offre. Elle reconnaît que l’IA permet également un gain de temps considérable sur la partie administrative.
L’architecte explique que l’IA permet également de « dégrossir » le sujet, d’évaluer ce que la concurrence pourrait imaginer et d’éviter de faire comme tout le monde pour se démarquer, mais aussi d’avoir de premières images.
D’après Anouk Legendre, beaucoup de ses confrères gagnent d’ailleurs aujourd’hui des concours grâce à l’IA.
De son côté, elle l’utilise notamment pour transformer un dessin fait à la main en images. Elle émet toutefois une réserve sur certaines interprétations. Selon elle, l’IA est douée pour les parallépipèdes, mais beaucoup moins pour les courbes.
Quand les maîtres d’ouvrage arrivent avec leur projet généré par IA
Autre évolution : les maîtres d’ouvrage sont de plus en plus nombreux à venir avec leur projet fait via l’IA. D’après l’architecte de l’agence XTU Architects, certains « zappent même la phase architecte », ce qui est « un peu flippant », selon elle.
Anouk Legendre rappelle qu’un projet n’est pas « un assemblage d’images ». « Un projet c’est un tout. Il faut un plan, une structure, une organisation, un propos général », insiste-t-elle.
Avec GenIA, l’agence Enia développe sa propre IA
Julie-Laure Anthonioz, directrice de projets chez Enia Architectes, explique de son côté que l’agence a développé sa propre IA, nommée « GenIA », qui recense toutes les données et l’historique de l’agence.
Cette dernière refuse en revanche d’utiliser l’IA générative grand public pour des questions éthiques.
« On ne crée pas d’images génératives, mais par contre, on a une interface qui permet de traiter le rendu, l’analyse et la vérification des maquettes et de retrouver des données par exemple d'un point de vue économique, sur les surfaces », détaille-t-elle.
Faire de l’IA un outil de montée en compétences
L’objectif : utiliser l’IA pour monter en compétences, objectiver la donnée et former les nouveaux arrivants.
L’agence s’en sert notamment pour les données environnementales et questions carbone des projets.
Droit d’auteur : comment préserver la part de l’architecte ?
L’artiste Olivier Campagne, lui, utilise l’IA pour « photographier ce qui n’existe pas ».
Toutefois, les images générées par IA peuvent poser problèmes en l’absence de droit d’auteur.
Selon Julie-Laure Anthonioz, il faut d’ailleurs « sanctuariser la partie auteur de l’architecte ».
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