Fin février, la construction se portait pourtant bien… Vie des sociétés | 26.05.20

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Les premiers comparatifs des chiffres de la construction entre 2019 et 2020 sont enfin parus. Jusqu'à fin février 2020, la construction de logements était au beau fixe et celle des locaux commerciaux, bien que moins florissante, restait tout de même en forme. Cependant, ces premiers résultats excluent la période de construction pendant le confinement, difficile donc de s’imaginer l’impact du coronavirus sur le secteur avant la fin de l’année en cours.

Où en la construction et quel sera l'impact de la crise sur le secteur ? C'est la question que tous les acteurs du BTP se posent. Mais fin février 2020, le secteur n’avait pas besoin d’être ausculté, encore insouciant avant l'arrivée brutale de la crise liée au coronavirus. Selon les statistiques du gouvernement, la construction de logements, de décembre à février, n’avait fait que croître : les autorisations de logements bondissaient de 9,9 %, la construction de logements collectifs ou en résidence était dynamique avec +16,6 %, et la construction de logements individuels, presque stationnaire, augmentait tout de même de 0,9 %. 

 

Du côté des mises en chantier, le bilan était moins convaincant avec une diminution globale (-3,1 %), notamment liée à une chute des mises en chantier de logements collectifs (-5,6 %). Si l’on compare les mises en chantiers de mars 2019 à février 2020 cette diminution est moins importante (-1,2 %) et les logements autorisés étaient en hausse de 700 unités (+0,2 %). 

 

Comparatif des autorisations et mises en chantier ©statinfo, données et études statistiques du gouvernement

 

Concrètement, de décembre 2019 à février 2020, le nombre de logements autorisés à la construction était supérieur au nombre de chantiers débutés. La carte de France, pour les permis de construire (sur un cumul de 12 mois) est haute en couleur. On voit notamment que ces permis de construire sont plus importants dans les régions du Centre (Centre-Val de Loire, Pays de la Loire…), tandis qu’en Île-de-France et dans les Hauts-de-France, les autorisations diminuent respectivement de -11,1 % et -11,9 %. Dans la plupart des régions, les mises en chantier sont soient légèrement négatives, soient légèrement en hausse, à l’exception de la Corse qui affiche une belle évolution de +11,2 %. 

 

Les logements autorisés par région ©statinfo, données et études statistiques du gouvernement
Les mises en chantier par région ©statinfo, données et études statistiques du gouvernement

 

Concernant les annulations de logements et les délais de mises en chantier, le gouvernement entrevoit les premières difficultés de la crise sanitaire pour établir son bilan : « La crise sanitaire liée à l'épidémie de Covid-19 à compter de la mi-mars rend particulièrement difficile ces estimations pour les logements qui n'ont pas encore été mis en chantier à cette date, dont une part importante de ceux autorisés en 2019 et début 2020 ». Les chiffres indiqués sont donc à prendre avec des pincettes. Ainsi 11,5 % de logements individuels autorisés et 13,6 % des logements collectifs ne verraient pas le jour. « S’agissant des délais de mise en chantier, il est certain que ceux-ci s’accroîtront du fait de la crise du Covid-19, même si l’ampleur du retard est difficile à estimer. À ce stade, l’hypothèse retenue est celle d’un retard de deux mois des mises en chantier qui auraient dû débuter à partir de la mi-mars ». Les délais de mise en chantier seraient donc supérieur d’environ 1,4 mois comparé à l’année précédente.

 

Moins d'autorisations pour les locaux

 

Si la construction de logements était en bonne forme, celle des locaux restait boîteuse, avec une diminution des autorisations de locaux non résidentiel de _7,3 % (restant tout de même à 9,6 millions de m2), contrebalancées par les mises en chantier, en progression de +1,7 %, « cette hausse s'expliquant par l'enregistrement tardif de la mise en chantier d'un gros projet industriel de 2015 ».  Sur un cumul annuel, les autorisations sont cette fois à la hausse avec +2,7 %, et les mises en chantier augmentent significativement de 7,9 % (avec 28,7 millions de m2). 

 

Ces locaux sont principalement utilisés par trois secteurs : les bureaux (+7,7 % sur les 3 derniers mois), le service public ou d’intérêt collectif (+4,6 %) et les commerces (+3,3 %). À l’inverse, ce sont les locaux d’entrepôts qui accusent la baisse la plus importante (-22,8 %), suivis par ceux de l’industrie et d’exploitations agricoles. Sur un cumul de douze mois, la construction de bureaux est toujours la grande gagnante avec +9,4 %. 

 

La construction des entrepôts ©statinfo, données et études statistiques du gouvernement
La construction de bureaux ©statinfo, données et études statistiques du gouvernement

 

Les mises en chantier de locaux industriels ont particulièrement augmentées (+42 %). Attention toutefois, car cette hausse notoire est là aussi liée à l’enregistrement tardif d’un projet de 2015. Sans ce projet, les locaux industriels resteraient les premiers locaux mis en chantiers, mais avec une augmentation de +23,1 %. Les chantiers débutés sur les trois derniers mois concernent plus particulièrement les entrepôts (+4,6 %) et les locaux agricoles (+4,5 %). Les mises en chantier des locaux d’artisanat (-15,2 %), de bureaux (-9,9 %) et du service public (-7,2 %) diminuent.

 

Les autorisations de construction de locaux ©statinfo, données et études statistiques du gouvernement
Les mises en chantier des locaux ©statinfo, données et études statistiques du gouvernement

 

Les DROM (Département et région d’Outre-Mer) enregistrent une hausse des autorisations de construction de locaux (+20,1 %), mais c’est la Bourgogne-Franche-Comté qui bat des records avec +34,9 %. Les autorisations dans l’Île-de-France, la Bretagne et la Nouvelle Aquitaine, au contraire, diminuent. Au niveau des mises en chantier, la carte s’inverse, elles diminuent dans les DROM (-17,9 %), la Normandie et les Pays de la Loire, mais augmentent partout ailleurs, et plus particulièrement dans le Centre-Val de Loire (+37,8 %). 

 

Des chiffres plus récents, prenant en compte les mois de février à avril sont toujours attendus, et devraient mieux révèler l'impact de la crise liée au coronavirus sur le secteur de la construction. Le bilan de l'année 2020 devrait dans tous les cas être fortement impacté par l'arrêt brutal des chantiers le 17 mars, et la reprise très progressive.

 

J.B

Photo de une ©Adobe Stock 

Redacteur

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