La longue marche des Français vers des logements moins polluants

Architecture | 19.10.05
Partager sur :
La longue marche des Français vers des logements moins polluants - Batiweb
La menace climatique et les craintes qu'elle engendre, couplées à l'envolée des prix énergétiques, poussent un nombre croissant de Français à s'intéresser aux travaux d'amélioration énergétique de leur logement, mais leur chemin est encore trop souvent semé d'embûches, selon des experts. Les particuliers sont pourtant demandeurs d'informations, de solutions techniques et matérielles pour permettre de faire les bons choix de travaux d'économie d'énergie dans leur logement.
"Nous avons acheté un pavillon datant de 1945, pas du tout isolé, chauffé au fioul avec des factures importantes. On a pensé d'abord au solaire. On a essayé de s'informer sur les énergies renouvelables sur Internet et finalement, on a adopté une solution associant solaire et chaudière à condensation", ont expliqué Catherine et Laurent Ferraris.

Ce jeune couple de la région parisienne ayant trois enfants est venu témoigner de son expérience devant un groupe d'experts réunis par le Club de l'Amélioration de l'habitat (qui rassemble industriels du bâtiment et administrations) cette semaine à Paris.

Ils viennent de dépenser 18.000 euros pour isoler leur maison de 115 M2 et l'équiper d'une chaudière peu polluante et de capteurs solaires pour produire l'eau chaude. Résultat: ils vont économiser 50 à 60% sur le coût de l'eau chaude et de 25 à 30% sur celui du chauffage. Mais ils reconnaissent que cela a été difficile de trouver toutes les informations sur les aides fiscales et les entreprises compétentes.

"L'univers des travaux est opaque pour les particuliers. C'est difficile de lire un devis, d'en comparer plusieurs. Il faut aller chercher l'information", confirme Eric Lagandré de l'Agence nationale pour l'amélioration de l'habitat (Anah).

Les particuliers commencent à percevoir que leur habitat est source de pollution et à s'intéresser aux énergies renouvelables, estime-t-il. Les bureaux et l'habitat représentent près de la moitié de la consommation énergétique de la France et 25% de ses émissions de CO2, principal gaz à effet de serre.

Il y a urgence puisque les rejets français gaz à effet de serre se sont envolés depuis 2003 dans l'habitat privé et les bureaux: +7%, contre seulement +1% pour les transports, selon les statistiques de la Mission interministérielle à l'Effet de Serre.

Afin d'informer et d'aider les particuliers dans leurs choix, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) a lancé en 2003 les "Espaces info énergie", lieux d'information de proximité. "Les 185 Espaces existants sont extrêmement sollicités", a indiqué Pierre Herant, chef du département Bâtiment et urbanisme de l'Ademe.

Ce réseau a informé et conseillé à ce jour un million de personnes, dont un quart ont entrepris des travaux d'amélioration énergétique de leurs logements.

L'objectif est que d'ici la fin de l'année, 200 "Espaces info énergie" fonctionnent avec 310 conseillers, a précisé M. Herant. De son côté, l'Anah va lancer en 2006 des "chantiers de démonstration" de techniques et de matériaux luttant contre l'effet de serre, tandis que le ministère de l'équipement met au point le "Diagnostic de Performance Energétique". Ce certificat sera exigé à partir du 1er juillet 2006 lors de toute vente immobilière, indiquant le niveau de consommation énergétique du logement et des recommandations de travaux à effectuer.

Redacteur