Les Célestins deviennent le théâtre à l'italienne le plus moderne d'Europe

Architecture | 09.06.05
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 Les Célestins deviennent le théâtre à l'italienne le plus moderne d'Europe - Batiweb
Le théâtre lyonnais des Célestins, qui a ouvert ses portes mercredi dernier après deux ans de travaux, se targue d'être le théâtre à l'italienne le plus moderne d'Europe, notamment grâce à son nouveau dispositif de changement de décors qui remplace l'antique système à tambours et contre-poids... Mais c'est surtout un lieu chargé d'histoire !
Poulies, palans, fils et cabestan, le métier de machiniste aux Célestins, haut lieu de la culture lyonnaise, empruntait auparavant beaucoup au vocabulaire marin. Mais aujourd'hui, avec le tout nouveau système actionné par 60 moteurs entourés de parois acoustiques et pilotés depuis un tableau de bord, l'établissement passe à l'ère du machiniste ultra-sophistiqué.

Quelques huit millions d'euros sur un total de 25,8 M EUR ont été consacrés à la reconstruction complète de la cage de scène, le saint des saints du théâtre.

"Cette nouvelle cage de scène nous permet de devenir le théâtre à l'italienne le plus moderne d'Europe", s'enthousiasme Patrice Béghain, adjoint au maire de Lyon chargé de la culture (PS).

Autre petite révolution, le plateau de la scène, qui était incliné de façon à faciliter les effets de perspectives, a été aplani. En revanche, les sièges du parterre ont été inclinés, afin de préserver une bonne visibilité pour tous.

Pour autant, tout n'a pas été sacrifié à la modernité lors de la rénovation.

Les responsable des travaux avaient comme consigne "à chaque fois que cela était possible, de revenir à l'état originel du théâtre", souligne M. Béghain, une contrainte rendue incontournable par l'inscription du bâtiment à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1997.

Mais le travail des architectes a été facilité par "la grande cohérence des rénovations depuis son origine", explique Pierre Franceschi, architecte des Bâtiments de France, qui a collaboré aux travaux.

De plus, de nombreux documents concernant Gaspard André, architecte du bâtiment, ont permis de restituer la décoration, telle qu'elle a été découverte par le public à l'ouverture en 1881. Dans les allées menant à la salle, "les frises sont rigoureusement d'origine et les mosaïques sur le sol ont été retrouvées", précise Patrick Fagnoni, l'un des trois architectes chargés des travaux.

Le troisième axe important de la rénovation a été d'améliorer l'accessibilité de l'édifice à tous. Deux ascenseurs ont été créés pour les personnes à mobilité réduite et la circulation des chaises roulantes a été prise en compte dans l'agencement des sièges.

Un système audio permettra aux personnes présentant une déficience auditive ou visuelle de mieux suivre la pièce grâce à des commentaires livrés par une personne présente dans une cabine ou par une bande pré-enregistrée.

Un peu d'histoire sur le couvent des Célestins

Le couvent des Célestins de Lyon fut fondé en 1407 sur les bords de la Saône, à la suite de la donation de l'ancienne propriété des Templiers par Amédée VIII, comte puis duc de Savoie. A cet emplacement, les religieux édifièrent un couvent et une église, qu'ils occupèrent jusqu'en 1779.

A cette époque, le pape Pie VI ordonna la suppression du couvent, les religieux refusant d'exécuter un édit de Louis XV daté de 1768 qui ordonnait la conventualité de toutes les communautés religieuses. L'archevêque de Lyon tenta de réunir les biens des Célestins à son clergé, mais après un long procès la propriété fut restituée en 1784 au roi de Sardaigne, descendant du duc de Savoie. Il la vendit l'année suivante à André Devouges qui entreprit de démolir les anciennes constructions et de lotir les terrains.

La "Société des Célestins", puis "Compagnie des Célestins", créée définitivement en 1789, avait pour objet "l'établissement d'un jardin au centre des terrains des ci-devant Célestins, la construction de 17 maisons environnant ce jardin, la distribution et réparation du bâtiment claustral qui formerait 7 maisons particulières dans l'une desquelles serait construite une salle de spectacle".

Redacteur