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Les tunneliers de Marseille ont percé le mur du temps

Publié le 24 janvier 2002

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Le percement des tunnels de Marseille a mis au jour l’histoire de la cité. Un travail où archéologues et constructeurs ont travaillé côte à côte, entre pinceaux et marteau piqueurs.
Les tunneliers de Marseille ont percé le mur du temps - Batiweb
Non contents de devoir pratiquement passer sous deux cathédrales et la mairie, les nouveaux tunnels de Marseille, reliant le vieux port à l’A55 se présentaient comme de vrais casse-tête. En effet, le moindre coup de pioche dans le sol de la cité phocéenne s’ouvre d’habitude sur un livre d’histoire. Avec le creusement des tunnels, les archéologues prévoyaient la mise à jour d’une véritable encyclopédie. Partant d’un tel postulat, pour la première fois, une méthode fut élaborée afin que cohabitent sur le même chantier les chercheurs et les constructeurs. On sait aujourd’hui que cette prévision s’est avérée utile car chacun dans l’opération, a eu sa part de surprises, d’impondérables et d’efforts. Plongeant à la fois sous la cathédrale byzantine du XIXe et sous sa voisine romane, la Vieille Major, construite aux XIIe siècle, les tunnels ont rapidement rejoint les sols d’origine ou dormaient les vestiges des Grecs fondateurs. A ce stade devant l’ampleur des découvertes archéologiques, les constructions, faute d’un accord préalable aurait été arrêté pour longtemps. La collaboration s’est alors établie autour d’une compréhension mutuelle. Un spectateur non averti aurait d’ailleurs eu quelquefois du mal à distinguer l’ouvrier du génie civil du spécialiste des anciennes civilisations. Sur une dizaine de mètres, le sous-sol présentait en effet les strates de toutes les occupations humaines du site depuis le VIe siècle avant notre ère jusqu’à l’époque contemporaine. Mais chacun, face aux aléas, échangeant pelles et pinceaux, a tenu ses délais et ses nerfs. Pour les équipes de GTM, Campenon Bernard et Freyssinet, le creusement de cet axe de 600 mètres dans un sol meuble, chargé en surface des immenses bâtisses aux assises fragiles, a été une tâche très complexe, exigeant un terrassement de 40 000 m3, la coulée de plus de 11 000 m3 de béton, la mis en place de 13 000 m3 de soutènement à l’aide de 1000 tonnes d’acier. Un travail en temps réel aux côtés d’une équipe de 50 archéologues de l’AFAN (Association des fouilles archéologique nationales) pour qui le sol recélait des trésors noyés dans la fragilité de la poussière du temps, prêts à disparaître avec leurs secrets. En l’espace de ces quelques mois de chantier commun les deux catégories de creuseurs ont appris à échanger leurs casques. A l’horizon de l’été 2002 chacun offrira aux marseillais les fruits d’un difficile chantier. Pour les uns, ce sera une voie expresse flambant neuve qui par son double tunnel va donner à la ville les moyens d’aborder son futur, pour les autres ce sera la découverte des 30 siècles de vie qui ont forgé l’histoire de Marseille. Au final, archéologues et constructeurs peuvent s’enorgueillir d’avoir ouvert, du passé au futur, une route exceptionnelle, dans le temps…

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