Merci Dan Brown ... Léonard, un archi remis au goût du jour !

Architecture | 15.05.06
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Merci Dan Brown ... Léonard, un archi remis au goût du jour ! - Batiweb
Sans être un véritable architecte, Léonard s'est intéressé à l'architecture toute sa vie, sur une démarche plus d'ingénieur que de créateur.
Deux cents dessins environ, accompagnés de quelques brefs commentaires, constituent donc l'œuvre architecturale de Léonard - une œuvre difficile à comprendre car elle occupe une place à part dans l'histoire de l'architecture... Comme un certain escalier double dans la grande entrée de Chambord !
Il s'intéressera à cette forme d'oeuvre plus spécialement à trois moments.
À Milan, vers 1490, quand il explore de façon systématique, dans le manuscrit B, les possibilités du plan centré appliqué aux églises ; vers 1506, de nouveau à Milan, quand il projette une villa pour Charles d'Amboise ; enfin, de 1516 à 1519, en France, où François Ier lui demande d'imaginer un château royal.

À la différence de ses tableaux qui inaugurent la " Haute-Renaissance " dans l'histoire de la peinture, ses dessins d'architecture n'annoncent pas, en règle générale, les grandes créations romaines du début du XVIe siècle. Ils ne témoignent en effet d'aucune attention particulière pour l'architecture antique ou l'emploi des ordres, alors que l'étude des ruines et la lecture de Vitruve inspirent l'art de Bramante, de Sangallo et de Raphaël. L'approche de Léonard n'est pas la leur.

Il s'intéresse aux problèmes techniques, en ingénieur (renforcement de structures, construction de voûtes, creusement de canaux, dessin de fortifications adaptées à l'artillerie) et ne cesse par ailleurs d'inventer des dispositions nouvelles : plans centrés d'églises et de châteaux, escaliers à plusieurs montées, ville à deux niveaux de circulation...

Dans certains cas - les plans centrés - il poursuit une recherche formelle qui le conduit à imaginer des jeux de volumes et des enchaînements d'espaces inédits, mais le plus souvent il cherche à résoudre des problèmes fonctionnels auxquels il apporte des réponses extraordinaires, parfaitement logiques, mais à peu près irréalisables. Les intérêts très particuliers de Léonard le mettent à part dans le monde italien, mais ils lui ont assuré, au soir de sa vie, un succès inattendu en France, auprès d'un jeune roi qui lui demandait avant tout de concevoir un château extraordinaire et avait la volonté et les moyens de le réaliser.

Aussi est-ce aujourd'hui à Chambord, au pied de l'escalier double, que l'on comprend le mieux ce qu'aurait pu être l'architecture de la Renaissance "selon Léonard" : un art où la logique la plus rigoureuse serait associée à une fantaisie sans limite.

Redacteur