La justice annule la subvention pour la construction de la mosquée de Metz
Publié le 02 janvier 2026, mis à jour le 02 janvier 2026 à 17h05, par Raphaël Barrou

C'est une décision qui « paraît hors sol », critique le maire de Metz, François Grosdidier (ex-LR). Le tribunal administratif de Strasbourg a annulé mardi 30 décembre une subvention de 490 000 euros votée en juillet par le conseil municipal de Metz pour la construction de la future grande mosquée de cette ville, qui doit accueillir jusqu'à 4 000 fidèles lors des grands rassemblements.
« Les conditions actuelles offertes à Metz pour la pratique du culte musulman ne répondent pas aux besoins », a contesté l'élu. Un culte musulman qui s'exerce « dans des conditions indignes pour ces pratiquants et insupportables pour les riverains », a-t-il ajouté.
Un chantier estimé à plus de 15 millions d'euros
Le chantier, débuté en 2021 et essentiellement financé par les dons de fidèles, est estimé à plus de 15 millions d'euros. L'utilité publique de sa construction était contestée par trois militants de l'Union des familles laïques (UFAL).
« Pour pouvoir octroyer une subvention à une association cultuelle, la commune doit démontrer que cette subvention répond à un besoin local », a estimé la justice. Or, la ville n'aurait fourni « aucun élément chiffré, ni état des lieux » pour le prouver. « Dans ces conditions, et compte tenu du montant conséquent de la subvention », « l'existence d'un intérêt public local » n'est « pas établie », a-t-il conclu.
Pour rappel, la loi de 1905 sur la laïcité ne s'applique pas en Alsace-Moselle et le Concordat (qui remonte au début du XIXe siècle) est toujours actif. L'islam ne fait pas partie des cultes officiellement reconnus par les autorités. Mais des associations « inscrites de droit local » peuvent recevoir des dons et percevoir des subventions des collectivités pour la construction de leurs édifices religieux.
Un projet qui comprend 15 salles de classe, une salle de sport et un hammam
L'UFAL « se félicite de cette décision », a-t-elle réagi dans un communiqué. L'association « veillera à sa pleine exécution, notamment en s'assurant que les fonds publics indûment perçus par la grande mosquée de Metz soient restitués à la commune », a-t-elle ajouté.
Pour le maire de Metz, l'appel permettra d'apporter la « preuve » qu'une grande mosquée est nécessaire « au moins chaque vendredi de l'année et chaque jour du mois de ramadan ».
Outre le lieu de culte proprement dit, le projet prévoit un centre « éducatif et culturel », avec 15 salles de classe destinées à l'enseignement de l'arabe et du Coran, ainsi qu'une salle de sport et un hammam, notamment.
Par Raphaël Barrou (avec AFP)














