Un canal pour relier la Seine à l’Escaut ...

Architecture | 17.08.06
Partager sur :
Un canal pour relier la Seine à l’Escaut ... - Batiweb
Le projet de liaison fluviale à grand gabarit qui en 2020 reliera la Seine et l'Oise au réseau des canaux du nord et du Benelux prend des allures herculéennes. Ce nouveau canal, qui autoriserait le passage des bateaux jusqu’à 4 400 tonnes, permettrait aux convois géants de relier Paris à l’Allemagne par le canal du centre et Anvers et les Pays-Bas via la Lys.
Le développement des échanges commerciaux et la forte demande la région Parisienne en matériaux de construction expliquent la nécessité d’augmenter la capacité du transport fluvial, moins cher et plus écologique, sur cet axe nord-sud. Les gros bateaux français pourraient ainsi s’approvisionner directement chez les carriers de Vaulx, Chercq et Antoing !

Pour l’heure, les études d’avant-projet sont terminées. Elles sont sur le bureau du ministre français des transports qui devra se prononcer au printemps prochain sur le tracé définitif. Et le chantier s’annonce pharaonique il s’agit de creuser, entre Janville (dans l’Oise) et jusqu’à Arieux (Pas-de-Calais), soit sur une distance de 105 km, un canal profond de 4,5 m sur une largeur de 36 m au fond et 54 m en surface. Pour compléter le tout, sept écluses de 190 m de longueur devront être construite, ainsi que trois ponts canaux dont un de 1,3 km au dessus de la Somme…

Le coût de ce projet européen, qui devrait se concrétiser, si tout va bien, d’ici 2020, est estimé à 3,3 milliards d’euros.

Un temps laissé pour compte, le transport fluvial semble avoir désormais, comme le ferroutage, de beaux jours devant lui. Un bel avenir qui dépend cependant, pour être à la hauteur des enjeux économiques, de l’arrivée des investissements suffisants. Le cas de la nouvelle liaison à grand gabarit entre le nord de la Seine et l’Escaut et, au-delà, à tout le Benelux, est à ce titre représentatif.

Des ouvrages qui ne bougent pas sur le terrain avec la même facilité que sur des maquettes. Chaque pont croisant le trajet de cette nouvelle liaison fluviale devra ainsi culminer au moins à 5,25 mètres au-dessus de la surface des eaux. Une hauteur suffisante pour laisser le passage aux convois de grand gabarit qui naviguent déjà dans certaines régions d’Europe. Ces bateaux, dont les charges varient entre 1 000 et 4 400 tonnes, sont appelés à devenir les super-poids lourds de la logistique communautaire. En attendant, pour que ces monstres accèdent aux immenses plates-formes multimodales qui seront bientôt leurs ports d’attache, les régions Picardie et Nord-Pas-de-Calais vont faire l’objet, sous la direction des services de la VNF (Voies Navigables de France) d’un bouleversement plus important que celui du chantier du TGV Nord.

Si le chantier du troisième aéroport parisien avait été, comme prévu initialement, ouvert en Picardie, le chamboulement de ces super-chantiers à répétition aurait pris dans la région des allures de séisme.

Une liaison courte et vitale

La liaison entre la Seine Nord et l’Escaut s’inscrit comme un nœud vital de la politique logistique et industrielle communautaire. Ainsi, malgré la faible longueur de ce lien, celui-ci mobilise déjà un budget estimé à 3,3 milliards d’euros. Ce canal dont la largeur variera de 300 mètres à 3,5 kms, devrait générer lors de sa construction plus de 8000 nouveaux emplois. En attendant, face au refus des gestionnaires des ouvrages routiers de la région (conseils généraux notamment) d’assumer la charge des travaux sur leurs ouvrages, les VNF devront financer les 140 millions d’euros nécessaires afin que les 140 ponts s’élèvent de quelques centimètres supplémentaires. En attendant de faire couler de l’eau, le canal Seine Nord fait donc aujourd’hui couler beaucoup d’encre.

Redacteur