En Calédonie, le nord se prépare au chamboulement Collectivités territoriales | 07.02.06

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Dans le nord de la Nouvelle-Calédonie, où se côtoient petits villages et tribus kanakes, les collectivités se préparent au chamboulement que doit constituer d'ici 2010 l'implantation d'une énorme usine de traitement du nickel. Pour la Nouvelle-Calédonie, l'enjeu est considérable.Elle doit permettre de combler le fossé entre le sud avec Nouméa, où sont concentrés 75% de la population et de l'activité économique, et la province nord, majoritairement kanake et peu développée.
"On va passer d'une organisation de villages à l'émergence d'un pôle de vie organisé, aménagé et développé", explique Bernard Boué-Mandil. Depuis novembre 2004, il est chargé d'élaborer l'accompagnement des collectivités publiques à la future usine métallurgique de nickel du canadien Falconbridge et de son partenaire local, SMSP.

D'un coût d'au moins 2,2 milliards de dollars, cette usine exploitera le richissime massif du Koniambo et doit produire d'ici 2010, 60.000 tonnes de nickel par an.

Eminemment politique, l'usine du nord est considérée comme le sésame du rééquilibrage économique de l'archipel, initié en 1988 par les accords de Matignon. Dans cette région, l'avènement d'un tel pôle industriel a nécessité la mise en place d'un Schéma d'aménagement urbain (SDAU), qui représente un bouleversement pour les paisibles communes rurales du nord.

Le complexe industriel sera à cheval sur trois muncicipalités: Voh, Koné et Pouembout, baptisées "zone VKP", et qui comptent aujourd'hui à peine 9.000 habitants, dont une vingtaine de tribus kanakes. "D'ici 2015, on estime que la population va au moins passer à 16.000 habitants", souligne Bernard Boué-Mandil, alors que l'on attend la création de 3 à 4.000 emplois directs et induits.

L'année 2006 marquera l'entrée en phase opérationnelle du SDAU pour laquelle une Société d'économie mixte regroupant toutes les collectivités publiques vient d'être créée. "Nous avons 25 milliards de francs Pacifique (210 millions d'euros) d'aménagement à réaliser sur VKP dans les cinq prochaines années et l'investissement du privé représente une somme équivalente", poursuit-il. Priorité est donnée à l'accueil des investisseurs, avec notamment à proximité de l'usine une zone industrielle destinée aux activités de sous-traitance. Une centaine de PME se sont déja déclarées candidates.

Redacteur

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