Le Gouvernement engagé en faveur de la filière bois Collectivités territoriales | 22.02.16

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Il y a un peu plus d’un an, le Comité Stratégique de la filière bois (CSF Bois) s’est officiellement installé au sein du Conseil national de l’industrie (CNI). L’objectif : bâtir une stratégie globale de la filière bois-forêt visant à améliorer la compétitivité des entreprises françaises. Lors d’une séance plénière organisée lundi 22 février, le CSF Bois est revenu sur les actions menées en 2015, l’occasion également pour le gouvernement de confirmer son engagement en faveur de la filière.
Le CSF Bois rassemble l’État, l'Association des Régions de France et les organisations professionnelles et syndicales de la filière. Il vise à coordonner les actions de l’ensemble des acteurs « afin de promouvoir l’usage du bois et de renforcer la compétitivité de la filière dans les domaines stratégiques de l’énergie, de la construction et de la lutte contre le changement climatique ».

La séance plénière organisée au Ministère de l’économie lundi 22 février, s’est déroulée en présence de Stéphane Le Foll, Ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, Emmanuel Macron, Ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique et d’Emmanuelle Cosse, Ministre du logement et de l’habitat durable, venus confirmer l’engagement de l’Etat en faveur de la filière bois.

Le contrat de filière attire de nouveaux adhérents

Les professionnels de la filière bois pilotent 33 actions transversales qui se répartissent selon quatre défis majeurs : construire un pilotage stratégique de filière, accompagner les entreprises et les emplois sur le terrain de l’innovation, sécuriser les approvisionnements et articuler les usages du bois, et développer le bois dans la construction-réhabilitation-aménagement.

« Ensemble, nous construisons l’avenir de la filière qui est source d’emploi et de création de valeur ajoutée sur le territoire », a déclaré Luc Charmasson, président de France Bois Industries Entreprises (FBIE) et vice-président du CSF Bois.

Lors de la séance plénière, le CSF Bois a accueilli de nouveaux intégrants à savoir la Fédération nationale du bois, France bois forêt, France bois régions, et FBIE.

L’Etat estime que ces adhésions sont le fruit des avancées du contrat de filière : « les progrès ont permis de cristalliser une dynamique » qui aujourd’hui « donne lieu à de nouvelles adhésions dont nous ne pouvons que nous féliciter » s’est satisfait Emmanuel Macron.

« L’intérêt de ces contrats de filière est d’amener les uns et les autres à travailler ensemble, et de donner de la visibilité sur l’agenda partagé de toutes et tous », a-t-il ajouté.

Emmanuelle Cosse, ministre du Logement, a elle insisté sur les conséquences positives de l’engagement de l’ensemble de la filière bois et de son rassemblement, qui permettra d'avoir « des relais territoriaux extremement importants pour mener notre action ».

Le Gouvernement salue les actions menées

« La filière bois est source d’activité, de richesse, et elle est également porteuse d’un beau message : la nature nous offre un matériau pour construire notre propre avenir », s’est exclamé M. Le Foll.

Avec « plus de 60 000 entreprises et 440 000 personnes réparties sur tout le territoire, la filière est d’une grande importance en matière d’emploi, de création de valeur ajoutée et d’héritage productif » a précisé de son côté M. Macron.

Les ministères ont ainsi salué la mise en place d’une veille économique mutualisée de la filière, le déploiement du Fonds Bois II, le lancement opérationnel du plan « Industries du bois » visant à construire des immeubles de grande hauteur en bois, la mise en œuvre de l’appel à manifestation d’intérêt Dynamic Bois ou encore le lancement de la mission « Recherche et Innovation 2025 filière forêt-bois ».

Et pour continuer à développer la filière et faire face à ses faiblesses notamment en termes de « balance commerciale et d'insuffisante valorisation des ressources qui sont les nôtres », les ministres ont annoncé une série de mesures.

Des mesures pour soutenir la filière

« Le BTP veut des chantiers plus propres et une construction plus rapide. Le matériau bois répond à cette contrainte » a relevé Emmanuel Macron, « on le voit en particulier à travers l’émergence croissante de bâtiments préfabriqués ».

Le Ministre de l’économie a annoncé la reconduction de l’appel à projets Dynamic Bois, dont le montant sera révélé dans un mois afin de « donner rapidement de la visibilité à la filière ». Il a également annoncé « la réduction des frais de mutation des petites parcelles, essentielle pour structurer la filière », l’insertion d’un volet filière bois dans le PIA 3, ou encore la modification des échéanciers de paiement pour les ventes de logement en ossature bois.

Par ailleurs, il s’est référé à la réforme de l’ISF-PME qui a fortement impacté de nombreuses entreprises du secteur. « Il y a un besoin de renforcer les fonds propres, et ce renforcement doit bénéficier de l’aide de la banque publique d’investissement, des dispositifs mis en place par le CSF Bois, et d’instruments fiscaux permettant aux particuliers d’apporter leurs fonds propres à des conditions avantageuses ».

La ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, a elle déclaré « que le monde de la construction avait besoin de la filière bois » notamment avec la montée en puissance « de la demande sociale en terme de construction de qualité », mais aussi car le bois peut concerner la construction neuve et également la rénovation ou extension de bâtiments.

Le ministère du Logement souhaite s’appuyer sur différentes axes de travail : « Nous devons terminer le chantier de la simplification, définir une nouvelle réglementation environnementale qui ait du sens pour tous et qui mette en avant les avantages compétitifs du bois dans la construction, soutenir l’innovation et la généralisation des procédés de construction bois, et accompagner les professionnels dans leur montée en compétences ».

Emmanuelle Cosse a également annoncé qu’un nouvel appel à projets, dans le cadre du Plan Transition Numérique dans le Bâtiment, allait être lancé « pour ne pas rester à la traine » par rapport aux pays voisins.

« Augmenter la compétitivité des entreprises françaises signifierait moins d’importations et donc moins d’empreinte carbone », a-t-elle souligné.  

Perspectives pour l’année 2016

Pour 2016, le CSF Bois souhaite continuer à intégrer la filière au sein d’un « nouveau modèle économique qui réponde aux objectifs de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte ».

La transformation de la filière passe notamment par le BIM qui permettra « d’intégrer les spécificités du bois », ainsi que par le développement de modules de formation et l’accompagnement des entreprises pour accroître « l’attractivité des métiers ».

Permettre à la filière de se développer c’est aussi repenser la gestion et l’approvisionnement du matériau, ainsi que son recyclage. « Il faut poursuivre notre travail en faveur de la contractualisation et le regroupement des acteurs de la filière » a déclaré Philippe Gaudron, président du Défi 3 (Sécuriser les approvisionnements et articuler les usages) et directeur général Fibre Excellence SAS.

En ce qui concerne, le développement du bois dans la construction et rénovation, il faut convaincre les professionnels des avantages du bois : « c’est un marché immédiat. Le matériau est renouvelable, recyclable et il stocke le carbone » a rappelé Michel Veillon, directeur général de la société Ossabois et président du défi 4 (construction en bois).

Il a ainsi mis en avant la poursuite du programme Arbre pour le déploiement de solutions bois sur le marché de la réhabilitation, la mise en réseau de tous les prescripteurs bois, l’existence d’un « google du bois » (une médiathèque prônant les bonnes pratiques et les nouveaux systèmes constructifs utilisant le bois), et la rédaction d’une recommandation pour le bois dans la commande publique.

Enfin, Jean-François Dehecq, président du Conseil national de l'industrie, a souligné l’importance d’un meilleur financement de la filière et d’une fiscalité plus favorable. Il a également fait référence à l’usage « responsable » du bois, nécessaire afin de mettre en œuvre le défi 4 relatif à l’utilisation du bois dans la construction. « Il faut penser aux générations futures ».

Rose Colombel
Photo de une : ©Rose Colombel
Redacteur

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