Rénovation énergétique : L'UFC-Que Choisir pas tendre avec les professionnels Développement durable | 04.08.14

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En marge de la présentation à la presse d'un rapport montrant le peu de résultats obtenus par le système actuel des aides en faveur de la rénovation thermique des logements, l'association des consommateurs UFC-Que Choisir en appelle à une totale remise à plat du système et demande à la Ministre de l’Ecologie que le projet de loi sur la transition énergétique renforce notamment la formation et le contrôle du signe de qualité «RGE» des professionnels.

L'association UFC-Que Choisir a mené l’enquête pour tester la fiabilité des professionnels habilités à réaliser des travaux énergétique dans les logements. En mars-avril, elle a donc sollicité 34 professionnels pour évaluer la performance énergétique de 5 maisons situées aux quatre coins de la France, et recommander des travaux de rénovation, avant de faire analyser les devis par un expert indépendant.

Résultat, seul 1 professionnel sur les 23 ayant adressé des recommandations écrites, a proposé des travaux sur les 3 critères exigés en matière de rénovation énergétique : enveloppe du logement, ventilation, production de chaleur. Certains ont constaté durant l’évaluation une perte importante de chaleur du logement… mais n’ont rien proposé in fine sur l’enveloppe du bâti ou la ventilation, précise l'association.

« Il faut revoir le dispositif de fond en comble, il faut renforcer de façon drastique la formation des professionnels, renforcer les contrôles et développer une filière d'experts indépendants capables d'aider le consommateur dans l'ensemble de ses démarches », annonce l'UFC-Que Choisir, pas tendre avec les professionnels du bâtiment.

L’échec de l’approche « RGE »

Car pour l'association, les travaux d'isolation, de rénovation des chaudières ou d'aération menés sont bien souvent insuffisants, faute d'une information suffisante des consommateurs mais également d'une formation adaptée des professionnels, autant chez les indépendants que les partenaires des groupes EDF et GDF Suez.

« L’échec de la démarche « RGE » est encore plus criant du fait notamment d’une formation abrégée (2 jours) et non continue, de l’absence de contrôles récurrents ou de la non-opposabilité des économies d’énergies alléguées » placarde l'association. « Quant aux mécanismes de financement, ils sont tellement complexes et changeants que les professionnels ont préféré abandonner tout accompagnement du client qui se retrouve perdu dans une véritable jungle informative et tarifaire ».

L'association appuie là où ça fait mal en reprenant ces chiffres de l'Ademe : sur les 2,5 millions de travaux effectués, 163 000 sont performants, moins de 5%, « c'est un vrai gaspillage », s'insurge l'association. « En 2011, les fonds publics ainsi dépensés représentent 7 milliards d'euros ainsi que 14 milliards de fonds privés, c'est énorme pour un tel résultat », ajoute-t-on

Adapter les aides à la performance des travaux

Alors l'UFC-Que Choisir avance des solutions pour améliorer le système, à commencer par la mise en place d'un « architecte énergéticien, qui aurait un vrai rôle de coordination et qui pourrait se rendre garant et être responsable des allégations faites concernant les économies d'énergies ». Autre piste avancée par l'association de consommateurs, une amélioration du financement visant à « mettre la performance au coeur de la logique des aides ».

« Il est indispensable de rendre plus forte l'incitation à la meilleure performance énergétique, avec une progressivité du crédit impôt en fonction des économies réalisées, avec également la possibilité de cumuler avec le prêt à taux zéro pour pousser la demande », détaille l'association. « Ce que l'on propose, c'est que les aides soient moindres sur les performances énergétiques faibles mais plus importantes lorsque les résultats le sont également », conclut l'UFC-Que choisir.

Le gouvernement prépare actuellement son projet de loi sur la transition énergétique, qui pourrait être examiné par l'Assemblée nationale lors d'une cession extraordinaire prévue en septembre prochain.

Bruno Poulard (avec AFP)

© Ingo Bartussek - Fotolia.com

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