Éolienne et méthanisation : l'ADEME veut apaiser les craintes Eco-construction | 10.04.19

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L’Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) a organisé, ce mercredi 10 avril à Paris, une matinée presse pour décoder la transition écologique. Elle a souhaité faire le point notamment sur deux méthodes de production d’énergie, l’éolien terrestre et la méthanisation (gaz vert). Le mot d’ordre de ce rendez-vous ? « Stop aux idées reçues ! Ensemble, décodons la transition écologique ».

Pour Arnaud Leroy, président de l’ADEME, il faut « concrétiser la route vers 2050 », être « plus ambitieux » et « installer un discours positif autour de la transition écologique ». C’est dans ce but que l’Agence avait organisé, ce mercredi 10 avril, une matinée de décryptage sur ce thème. L’ADEME se revendique « agence de transition écologique au sens large » : agricole, alimentaire, numérique, énergétique… Chacun de ses aspects trouvant écho dans un autre.  Mais la transition écologique et ses réponses doivent parfois faire face à « des idées reçues » que l’Agence a souhaité éclaircir, notamment celles qui entourent l’éolien terrestre et la méthanisation. Pour David Marchal, directeur exécutif adjoint de l’expertise et des programmes, intervenant sur cette thématique, ce sont « deux filières incontournables, porteuses d’enjeux mais critiquées ».

 

 

La recyclabilité des éoliennes

 

Le sol français est planté de 6 000 à 7 000 éoliennes, pour une production de 15 GW par an. Les premières arrivées datent des années 2000 mais elles se sont plus immiscées dans le paysage depuis 2005/2008. Un des enjeux de cette énergie verte est sa recyclabilité, souvent pointée du doigt. Ayant une durée de vie de 20 ans, seules une centaine de machines sortent du circuit tous les ans ; le gros pic des fins de vie aura lieu aux alentours de 2025 en France. « C’est beaucoup moins qu’en Allemagne qui a environ 1000 machines en fin de vie par an en ce moment, explique David Marchal. L’ADEME finance des recherches sur la recyclabilité des éoliennes et voit sur du court terme : 5 ans ». L’Agence estime donc que « ce cadre est rassurant » car il y a « suffisamment de temps devant nous ».

80 à 90% de la masse d’une éolienne est recyclable, le problème réside principalement dans les pales, faites de matériaux composites (fibre de verre) et les aimants permanents. La fibre de verre représente 3% de la masse d’une éolienne ; en Allemagne, ces déchets sont brûlés dans les cimenteries. « La question du composite dépasse largement celle des éoliennes, confie David Marchal. Les recherches portent sur des pales en résine thermoplastique, soit entièrement recyclables ». Les matériaux composites pourraient, par exemple, être intégrés dans des bétons ou des granulats. Concernant les aimants, ceux-ci contiennent des terres rares, en petite quantité, mais dont l’extraction et le recyclage ne sont pas résolus. Des recherches sont actuellement en cours pour diminuer son utilisation ou les recycler. « Ces machines vont fonctionner pendant 20 ans donc nous avons le temps de trouver la solution. Les filières vont se structurer avec le volume », ajoute l’intervenant.

 

 

Le gaz vert doit être mieux considérer

 

Pour L’ADEME, la méthanisation doit gagner des titres de noblesse. Ce biogaz ou gaz vert est une technologie qui « gagne à être connue ». L’énergie qu’elle produit vient des déchets agricoles ou agroalimentaires. Certaines collectivités, même, l’ont incluse à leur centre d’épuration des eaux. Sur cette méthode de fabrication de l’énergie, ce sont les déchets qui sont, là encore, mis en cause : le digestat (la partie décomposée restante) peut contenir des bactéries ou des métaux lourds. Mais Valérie Weber-Hadad dément cette idée : « une grande partie est détruite en ajustant la température et des analyses sont effectuées à la sortie ». Le digestat est un amendement pour les sols dont l’azote est plus facilement assimilable que le lisier ou le fumier, par exemple. Concernant la part de cette activité au sein d’une exploitation ou d’un groupement, elle doit concerner 15% maximum de la production agricole. Pas de risque donc, de baisser les cultures destinées à l’alimentation humaine et animale, au profit de la fabrication du gaz vert.

« Pour réussir la transition écologique, on aura besoin de toutes les énergies », continue David Marchal. L’ADEME estime que 80 000 emplois sont directement liés aux énergies renouvelables aujourd’hui et 18 000 directs et indirects concernant l’éolien. « La transition écologique est un débat citoyen, ce n’est pas un combat d’expert », a déclaré Arnaud Leroy. En décodant la transition énergétique et ses avancées, l’ADEME souhaite enrayer le fatalisme.

Lise Chastang

Redacteur

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