Un maire de l'Hérault face à la justice pour la construction d'un promenoir
Publié le 18 décembre 2025, mis à jour le 18 décembre 2025 à 16h56, par Raphaël Barrou

C'est une construction qui pourrait coûter très cher à la ville de Vias (Hérault) et à son maire Jordan Dartier. L'élu divers droite de 38 ans est accusé d'avoir « défié l'État » en construisant un « promenoir » et deux parkings dans une zone protégée du littoral malgré la claire opposition de la justice administrative. Ces aménagements faisaient partie d'un projet de modernisation de la station balnéaire.
En première instance, la mairie avait écopé d'une condamnation à 1 250 000 euros d'amende, dont un million avec sursis, alors que le maire avait été condamné à 500 000 euros d'amende, dont 480 000 euros avec sursis.
Des réquisitions identiques à la première instance
Devant la cour d'appel de Montpellier mardi 16 décembre, l'avocate générale a requis mardi soir une amende de 150 000 euros à l'encontre de cette station balnéaire proche de Béziers et de 50 000 euros contre son maire. Des réquisitions identiques à celles formulées par le parquet en première instance.
En juillet 2017, malgré un premier avertissement de la préfecture, le conseil municipal adoptait un Plan local d'urbanisme (PLU) omettant de délimiter la « bande des 100 mètres » à partir du rivage, dans laquelle toute construction nouvelle est en principe interdite. Les travaux étaient dès lors engagés et le promenoir et les parkings étaient inaugurés en 2019.
Le maire de Vias a tenté de proposer un référendum
En parallèle, la commune et l'État se sont retrouvés à plusieurs reprises devant la justice administrative, jusqu'à l'annulation définitive du PLU par le Conseil d'État en 2022. Des poursuites ont également été engagées au pénal pour non-respects de la réglementation, en particulier de la loi Littoral. Jordan Dartier a tenté début 2025 de renverser ces décisions en organisant un référendum local, une initiative retoquée par le tribunal administratif.
Le jugement a été mis en délibéré au 9 février. D'ici là, le tribunal administratif de Montpellier doit statuer, le 7 janvier, sur une demande de démolition et de remise en état du site adressée par le préfet.
Par Raphaël Barrou (avec AFP)














