Le CDG Express remis en cause par la justice Législation | 12.11.20

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Le tribunal administratif de Montreuil (Seine-Saint-Denis) a partiellement annulé l'arrêté inter-préfectoral autorisant les travaux du CDG Express, cette navette rapide qui doit relier la gare de l’Est à l’aéroport de Roissy, réfutant son « intérêt public majeur ».

Le 6 février 2019, l’ancienne ministre des Transports Elisabeth Borne avait confirmé la construction du CDG Express, ce projet de liaison ferroviaire qui permettrait de relier la Gare de l'Est, au centre de la capitale, au terminal 2 de l'aéroport international Roissy-Charles-de-Gaulle, en seulement 20 minutes. 

Futur mode de transport rapide et moderne, le CDG Express provoque, depuis des années, plusieurs polémiques. Cet énorme projet à toujours trouver de nombreux adversaires : association d'usagers des transports, élus des territoires traversés… Une centaine d'élus d’Ile-de-France avaient même réclamer la fin du projet. 

Pourtant l’engagement du gouvernement à réaliser ce futur train rapide n’en démord pas. Pour preuve, en juillet 2019, l'état avait signé avec la société Hello Paris, filiale de Keolis et RATP Dev, le contrat de service public pour exploiter, pendant 21 ans, le CDG Express. 

 

Le chantier menacé par une décision judiciaire 

Dans une décision rendue ce lundi, le tribunal administratif de Montreuil, rejette la dérogation accordée pour mener des travaux dans des zones où se trouvent des espèces protégées. Cette décision annule partiellement l’autorisation environnementale du projet CDG Express, contenue dans l’arrêté signé le 11 février 2019 par les préfets de Paris, Seine-Saint-Denis, Seine-et-Marne et Val-d'Oise. 

Le projet de liaison ferroviaire du Charles-de-Gaulle Express, considéré comme essentielle par les autorités, ne présente pas un « intérêt public majeur », selon le tribunal. Ce dernier a remis en question les raisons d'être du projet et repose sur deux observations. Dans un premier temps, le CDG Express devait faciliter les déplacements en vue des JO 2024 mais sa mise en service a été décalé à la fin 2025.  Dans un second temps, la crise sanitaire liée au COVID-2019 a fait s’effondrer le trafic aérien et aucune reprise du trafic ne peut être anticipée, juge le tribunal. 

« Enfin le coup d'arrêt pour le #CDGExpress ? Malgré les promesses de privilégier les transports du quotidien, l'Etat et la région s'entêtent ! » , a tweeté Julien Bayou, le secrétaire national d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV).

 

Les travaux continuent 

De son côté, le CDG Express, société commune entre Aéroport de Paris (ADP), SNCF Réseau et la Caisse des Dépôts, annonce avoir « pris acte » de la décision et indique que « les chantiers non concernés par cette dérogation se poursuivent », précisant travailler à « identifier les adaptations nécessaires pour les autres chantiers. » 

 

Marie Gérald

Photo de une : AdobeStock

Redacteur

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