Arcelor ... ou la parole publique face à la parole financière

Vie des sociétés | 15.02.06
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Arcelor ... ou la parole publique face à la parole financière - Batiweb
Le ministre français de l'Economie estime dans une interview publiée mardi par Libération que les Etats ont "trop longtemps" été interdits de parole dans les dossiers de fusion industrielle."Je conteste le quasi monopole de parole que se sont arrogé les marchés financiers. Une entreprise est beaucoup plus qu'un placement", déclare Thierry Breton, interrogé sur ses prises de position sur l'OPA de Mittal Steel sur Arcelor.
"Je me bats pour restaurer la légitimité de la parole publique face au risque d'une économie exclusivement financière. Sinon on peut aller à la catastrophe."

Thierry Breton réaffirme qu'il n'est "ni pour ni contre" l'OPA de Mittal Steel et que les actionnaires d'Arcelor (LOR) auront le dernier mot dans cette affaire mais que le gouvernement doit prendre en compte "les intérêts du pays en terme d'emploi et de projet industriel".

Il déplore que dans l'affaire du rachat de Pechiney par le groupe canadien Alcan, par exemple, "les pouvoirs publics s'étaient laissé confisquer la parole par les seules financiers".

"En tout état de cause, l'Etat a le devoir de s'exprimer et de faire valoir ses intérêts spécifiques en tant que partie prenante", ajoute Thierry Breton, qui n'a eu de cesse ces dernières semaines de dénoncer l'absence de projet industriel de Mittal Steel, numéro un mondial de l'acier.

Le ministre de l'Economie réaffirme enfin son souhait de "reposer la question des règles de la concurrence au niveau européen".

Ces règles sont actuellement "souvent appliquées sans tenir assez compte de la dimension mondiale de certains secteurs industriels", explique-t-il. "C'est un débat que je compte bien ouvrir rapidement à Bruxelles."

Redacteur