La RATP fait revenir ses jeunes retraités

Vie des sociétés | 06.03.09
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La RATP fait revenir ses jeunes retraités - Batiweb
La RATP a envoyé récemment quelques dizaines de lettres à des retraités de l'établissement public pour leur proposer de travailler dans ses filiales pour des missions de courte durée. Une initiative étonnante alors que le chômage continue à remonter fortement.
« Vous avez quitté la RATP depuis quelques temps. Nous vous proposons de poursuivre votre activité professionnelle comme conducteur de voyageurs pour des missions de courte durée en Ile-de-France dans nos filiales ». Voici quelques lignes d'une lettre adressée à un ancien conducteur de bus retraité de la RATP. Le destinataire s'est dit « scandalisé »par cette missive. Dans une période de chômage prononcé, cette initiative fait grincer des dents.

Pour la RATP, « cela ne remet pas en cause le recrutement des jeunes et il n'y a pas pénurie de candidatures puisque nous en recevons 60 000 par an pour 2 à 3.000 recrutements ». Mais pour Jacques Eliez, délégué CGT, « les organisations syndicales n'ont à l'évidence pas été consultées à ce sujet, et sur le principe nous sommes opposés, ce n'est pas en embauchant des retraités que l'on va lutter contre le chômage ».

La RATP se défend et met en avant « l'idée de valoriser les compétences et les savoir-faire, principalement pour des postes d'ingéniérie et de machinistes », a expliqué un porte-parole. « Quelques dizaines de lettres ont été envoyées très récemment et pour la première fois et pour l'instant, on attend des retours », a-t-il ajouté. Les filiales concernées peuvent être Open Tour (lignes de bus touristiques à Paris), le Trans Val de Marne, la société Giraux (bus dans les Yvelines), Titus (réseau intercommunal à Rosny-sous-bois) et d'autres.

« Cela s'inscrit dans la politique de développement en Ile-de-France et hors de cette région pour le groupe RATP puisqu'il s'agit de nos filiales » a indiqué le porte-parole en précisant que « cela peut aussi concerner des projets à l'étranger ». Une promesse qui rassure « partiellement » les syndicats, cités dans Le Figaro, qui disent « attendre la suite de l'histoire ». A la CGT, on croit savoir que le nombre de réponses obtenues à ces lettres « tient sur les doigts d'une main » précise le quotidien économique.

Bruno Poulard (avec AFP)
Redacteur