la bataille du Corail... en régions

Vie pratique | 26.08.05
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Des présidents socialistes de régions de l'Ouest ont lancé mercredi la "bataille du Corail" pour sauvegarder trois lignes interrégionales jugées déficitaires, en demandant le "retrait" de l'annonce par la SNCF de possibles suppressions de trains.
"Nous exigeons le retrait de l'annonce qui a été faite", a déclaré Ségolène Royal (Poitou-Charentes) en gare de La Rochelle où, avec les présidents des régions Pays de la Loire et Aquitaine et des élus des régions Midi-Pyrénées et Bretagne, elle était venue à la rencontre des usagers.

"On veut le maintien des trains Corail sur notre territoire. Le service public n'a pas à être assujetti à des logiques purement financières", a poursuivi Mme Royal lors d'un débat au buffet de la gare avec une centaine de personnes, dont des représentants d'associations d'usagers et syndicats du rail.

La SNCF a confirmé début août que les lignes Quimper-Toulouse, Nantes-Lyon et Caen-Le Mans-Tours, dont la perte cumulée avoisine 20 millions d'euros par an, risquaient d'être moins alimentées en trains, voire arrêtées, lors du passage au service d'hiver mi-décembre.

"Le fer est saboté par certains de ses dirigeants. Veut-on un désert ferroviaire de Toulouse à Quimper?", a lancé Michel Etourneau, vice-président d'une fédération d'usagers de transports de Poitou-Charentes. Eric Halgand, un représentant de la CGT-cheminots en Poitou-Charentes, insistait sur la genèse du déficit financier des lignes Corail. "La SNCF porte une lourde responsabilité du sous-investissement qui les a fragilisées", a-t-il lancé, dénonçant le "tout-TGV", mais aussi "les péages faramineux qu'elle acquitte à Réseau ferré de France (RFF)" dont elle loue les sillons.

Les élus, ceints de leur écharpe tricolore, se sont ensuite déplacés sur le quai de la gare pour accueillir, distribuer des tracts, dialoguer avec les passagers descendant de la ligne Quimper-Nantes-Bordeaux-Toulouse, l'une de celles dans le collimateur.

"Désinvolture de l'Etat"

"Ce qui est inquiétant, c'est que La Rochelle est quand même une ville connue", s'inquiétait sur le quai Christiane, une mère de famille rochelaise venue chercher ses fils. "Si on commence à supprimer ici, on va supprimer partout", ajoutait-elle.

Alain Rousset (Aquitaine), président de l'Association des régions de France (ARF), a dénoncé la "désinvolture de l'Etat à l'égard des collectivités", soulignant que l'enjeu de ces projets de réductions de desserte, c'est "520.000 voyageurs" qui se retrouveraient à quai. "Le combat, c'est aussi le combat pour beaucoup d'autres lignes françaises, pour un développement ferroviaire et l'aménagement du territoire", a estimé M. Rousset, qui a rappelé que les régions restaient "ouvertes à la discussion" avec la SNCF et l'Etat sur l'avenir de ces lignes déficitaires.

Mercredi, le ministre délégué à l'Aménagement du Territoire, Christian Estrosi, avait dénoncé une "polémique politicienne" engagée par les présidents socialistes de régions sur les trains Corail, dont rappelle-t-il, "aucune fermeture de ligne" n'a été décidée. Les élus, eux, ont souligné l'urgence si les réductions de dessertes sont effectivement envisagées avant la fin de l'année car, selon Mme Royal, c'est en septembre que la SNCF doit réserver la location des sillons à RFF.

Redacteur