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Logement à Paris : les candidats à la mairie multiplient les promesses

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Publié le 03 février 2026, mis à jour le 03 février 2026 à 16h56, par Nils Buchsbaum


Les candidats à l'Hôtel de Ville dévoilent leurs mesures pour agir face aux difficultés de logement des Parisiens.
© Adobe Stock
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Alors que près de 14 000 personnes quittent chaque année la capitale, incapables de se loger à un prix décent, la question du logement s’impose comme l’un des thèmes majeurs de la campagne municipale parisienne. De la gauche à la droite de l’échiquier politique, les candidats avancent leurs propositions pour tenter d’enrayer la crise de l’habitat.

Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie, hors La France insoumise, a présenté lundi 2 février ses propositions pour augmenter « significativement » le nombre de logements disponibles dans la capitale, où se loger « est devenu un parcours du combattant ».

Le candidat s’engage à créer 60 000 nouveaux logements publics, dont 30 000 logements sociaux et 30 000 logements dits abordables, proposés à des loyers jusqu’à 25 % inférieurs aux prix du marché.

La gauche annonce des « brigades » pour le logement

 

Parmi ces nouveaux logements figurent notamment 1 000 logements sociaux par an destinés aux étudiants et aux jeunes travailleurs, ainsi que 1 000 logements en bail réel solidaire (BRS), un dispositif d’accession sociale à la propriété fondé sur la dissociation entre le foncier et le bâti.

Emmanuel Grégoire a également mis en avant le volume important de logements vacants et de résidences secondaires dans la capitale. Paris en compterait près de « 300 000 », soit environ un logement sur cinq, détenus majoritairement par des multipropriétaires, selon son dossier de presse. En augmentant la taxation des résidences secondaires par voie législative et en renforçant les contrôles, le député socialiste affirme vouloir « remettre sur le marché 100 000 logements ».

S’il est élu en mars à l’Hôtel de Ville, l'ex-premier adjoint d'Anne Hidalgo prévoit de créer une « brigade de protection du logement », chargée de lutter contre « les dizaines de milliers de meublés touristiques illégaux », en particulier les « Airbnb permanents »,  afin de « rendre aux Parisiens les 70 000 meublés touristiques qui font artificiellement monter les prix ». 

Emmanuel Grégoire s’engage par ailleurs à rénover 200 000 logements, sociaux et privés, au cours de la mandature, notamment par des travaux d’isolation des toits et l’installation de volets. Il annonce enfin la création d’une « équipe inter-bailleurs », destinée à intervenir « rapidement pour les petites réparations » dans le parc social.

Les Airbnb dans le viseur

 

De son côté, la députée LFI et candidate à la mairie de Paris Sophia Chikirou a affirmé son ambition de « baisser les loyers » lors de la présentation de son « livre programme », lundi 26 janvier. Dans la capitale, les loyers représentent en moyenne 36 % du budget mensuel des ménages, soit environ 40 % de plus que la moyenne nationale.

Dénonçant un Paris « devenu un îlot où seuls les plus riches peuvent se loger », Sophia Chikirou propose la création d’une « brigade du droit au logement », accompagnée d’un « triplement des agents ». Cette brigade aurait notamment pour mission « d’identifier les 25 000 annonces Airbnb illégales » et de « saisir la justice sur chacun des logements concernés pour les remettre sur le marché locatif », ainsi que de « contrôler le respect strict de l’encadrement des loyers ».

La candidate de La France insoumise souhaite également « étendre le droit de préemption renforcé (…) pour atteindre 50 % du territoire parisien à horizon 2032 », afin de préempter des logements au sein de copropriétés, d’acquérir « 5 000 biens » et de « doubler l’offre de logements publics ».

 

La droite s'adresse plutôt aux propriétaires

 

À droite, la candidate Rachida Dati promet de rénover 10 000 logements sociaux par an, soit le double de l’objectif actuellement affiché par la Ville de Paris. Cette rénovation passerait notamment par le raccordement d’un quart des résidences aux réseaux urbains de froid et de chaleur.

Elle entend faire de la rénovation thermique du bâti le « chantier du siècle parisien », avec à la clé une exonération de taxe foncière pendant cinq ans pour les logements sortis des étiquettes énergétiques G ou F. Une mesure régulièrement défendue par des associations de propriétaires et certains professionnels de l’immobilier.

Le candidat soutenu par Horizons et Renaissance, Pierre-Yves Bournazel, s’est de son côté engagé à « regagner » 60 000 logements, notamment grâce à un « pack 100 % garanties » des loyers et des cautions, destiné à inciter les propriétaires à remettre leurs biens sur le marché locatif.

 

Par Nils Buchsbaum (avec AFP)

Nils Buchsbaum
Journaliste - Batiweb

Nils Buchsbaum est journaliste à la rédaction de Batiweb. Il suit l’actualité du BTP, de l’urbanisme et de la construction durable, avec une attention particulière portée à la prévention des risques, aux enjeux environnementaux et aux évolutions législatives.

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