La production industrielle française handicapée par l'automobile

Vie pratique | 31.07.06
Partager sur :
La production industrielle française handicapée par l'automobile - Batiweb
La production industrielle française devrait progresser de 1% en 2006, bridée par la crise du secteur automobile malgré les bons résultats attendus dans l'aéronautique, la pharmacie et la construction, selon une étude publiée jeudi par l'assureur-crédit Euler-Hermès-Sfac.
Parmi les trois secteurs qui devraient tirer la croissance de la production industrielle cette année, l'aéronautique sera en pleine expansion (+12% attendus) malgré les déboires d'Airbus, car "les sous-traitants tournent à plein régime et les retards de livraison sont symptomatiques d'une saturation des capacités de production", souligne l'étude.

Le secteur des biens de consommation (+2,9% attendus) sera porté par la pharmacie-cosmétique, mais également victime de la désindustrialisation qui se poursuit dans l'habillement (-8%).

Le secteur de la construction devrait rester dynamique (+3% en volume attendus) et les marges sont "renforcées par les hausses de prix".

Les points noirs sont à chercher du côté de la grande distribution alimentaire, qui "peine à tirer parti de la hausse de la consommation et se trouve confrontée à une concurrence intensifiée par la réforme de la loi Galland, qui l'amènera à céder une fraction de ses marges". Ces difficultés se répercuteront en amont sur l'industrie agroalimentaire qui reste en quasi-stagnation.

Enfin, l'industrie automobile, qui a enregistré une chute de 11% de sa production en volume entre le 4e trimestre 2004 et le 2e trimestre 2006, devrait accuser une baisse de production de 5% sur l'ensemble de 2006. Cette baisse réduit à elle seule de 0,7% la production manufacturière totale. La crise de la production automobile, si elle affecte modérément les constructeurs français grâce à leur diversification à l'international, "se fait finalement surtout sentir en-dehors du secteur à proprement parler, dans la métallurgie et la plasturgie où les sous-traitants se voient placés devant la difficile alternative de perdre leurs marges ou de perdre leurs marchés", commente Yann Lacroix, responsable du département des études sectorielles d'Euler-Hermès-Sfac.

Redacteur