Le joyau New-yorkais de LVMH

Architecture | 04.02.02
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Le joyau New-yorkais de LVMH - Batiweb
Au pays des grattes ciel la "french touch" ne passe pas inaperçue. Au cœur de Manhattan, dans la jungle des business building, la tour LVMH symbolise le charme éternel du pays qu’elle représente
Dans la lutte implacable de la haute finance, même les immeubles se font la guerre. Au cœur de Manhattan, dans La Mecque new-yorkaise des multinationales, l’orgueilleuse architecture des buildings fait partie intégrante de l’âme des entreprises. Au milieu de cette forêt de monstres de verre et d’acier, la LVMH Tower, siège new-yorkais de l’entreprise française de luxe, tire bien son épingle du jeu. Dans le grouillant quartier d’affaires, quand le diamant brut de sa façade renvoie aux passants l’image brillante et fragmentée de la 57ème rue, chacun sait qu’il se trouve devant un prodigieux symbole. Et pourtant, si la tour du groupe Louis Vuitton/Moët Henessy est habillée d’un tel drapé, elle le doit autant à son imposant voisin qu’au talent de son architecte, Christian de Portzamparc. En effet, en choisissant de construire son siège face à l’imposant building noir de la compagnie IBM, le groupe LVMH a placé son architecte devant une difficulté majeure. Celle de construire un immeuble de verre et de lumière capable d’exprimer toutes les valeurs de l’entreprise, en évitant que celui-ci ne devienne le miroir permanent de la masse ténébreuse de son impressionnant voisin. Quand on sait que les valeurs en question sont celles du luxe, de la mode et de l’élégance, l’exercice tenait de la gageure.
Façades symboliques
Mais Christian de Portzamparc, l’homme de la Cité de la musique, aime relever les défis. Face à l’envahissant reflet du siège du géant informatique, sa façade devait dompter la lumière, s’en saisir pour éviter d’en être la victime. En pliant les différents vitrages comme les facettes d’un joyau ce fut, au bout du compte, la petite LVMH Tower qui vint se refléter, tel un bijou dans son écrin, dans la tour noire d’IBM. Cette façade se voulait aussi le parfait symbole des produits nobles de l’entreprise. L’immeuble aujourd’hui se décline comme un immense flacon de parfum. Ses vitres, aux reflets changeants, alternent l’évocation des peaux satinées et veloutées que l’on devine parfumées avec le dégradé lumineux d’un tramage qui rappelle celui des laines et des cotons. Mais la magie reste celle des hommes. Elle est le savoir faire de ceux qui, par un sablage judicieux de la matière froide, ont créé ces chaleureux et surprenants éclats. D’autres facettes, en captant les couleurs urbaines, fragmentent le paysage en autant d’effets de matité et de brillance tandis que sous d’autres aspects, l’ouvrage se présente comme l’étincelant drapé d’un lamé de robe du soir. Pour son architecte, le bâtiment "est un corps, pas une façade. C’est une fleur de cristal qui se déroule dans le ciel de New York". Pourtant, le créateur s’est toujours défendu d’avoir mis en avant les visées platement métaphoriques. Chez Christian de Portzamparc, le travail sur les formes prend toujours le pas sur celui du sens. Lorsqu’il fut inauguré par Hillary Clinton, alors première dame des Etats-Unis, le siège de LVMH, devait d’emblée envoûter les 600 invités conviés à venir célébrer sa naissance. Aujourd’hui, la boutique Dior qui occupe à elle seule les 500 m2 de son rez-de-chaussée, concentre à l’extrême tout ce que les entreprises ont produit de meilleurs dans le domaine du raffinement. Cependant c’est dehors, sur le trottoir de la 57e rue, devant le lumineux joyau, que la " French touch " au milieu de ses arrogants voisins, délivre son plus beau message.
Redacteur