La FFB s’enthousiasme des signes de reprise du secteur
Publié le 17 mars 2026 à 15h10, mis à jour le 17 mars 2026 à 16h03, par Nils Buchsbaum

À trois mois de la fin de son mandat à la présidence de la Fédération française du bâtiment (FFB), Olivier Salleron se veut résolument optimiste pour l’avenir pour le secteur du bâtiment. L’adoption de la loi de finances pour 2026 marque, selon lui, un tournant.
Le texte acte le maintien du prêt à taux zéro (PTZ) ainsi que des crédits alloués par l'Agence nationale de l'habitat (Anah) au dispositif MaPrimeRénov’. Il prévoit également un allègement de 400 millions d’euros, par rapport à 2024, de la contribution des bailleurs sociaux au titre de la Réduction de loyer de solidarité (RLS), tout en instaurant le dispositif Jeanbrun, applicable immédiatement.
Si ce dernier « mérite encore des améliorations », selon la FFB, notamment en raison « des contraintes trop lourdes imposées à l’ancien (quotité de travaux de 30 %, plus étiquette DPE A ou B à leur issue) et l’exclusion de l’individuel », l’organisation estime néanmoins que « l’horizon se dégage indéniablement pour le logement neuf ». Une amélioration qui reste toutefois conditionnée à l’évolution du contexte géopolitique.
Début 2026, une progression des ventes du neuf d'environ 10 %
La dynamique de l’individuel diffus en neuf se confirme en ce début d’année 2026, avec une progression des ventes d’environ 10 % en glissement annuel sur les trois mois à fin janvier. Dans ce contexte, l’allègement de la RLS et la mise en place du dispositif Jeanbrun « permettent d’envisager le déblocage d’opérations dans la promotion immobilière dès 2026 ».
« On estime ainsi à près de 15 000 le nombre supplémentaire de logements mis en chantier par rapport à notre prévision de fin 2025, pour atteindre 308 000 unités en 2026. Ce qui se traduira en progression de la production en logement neuf de 11,2 %, contre 9,5 % initialement retenu », déclare Olivier Salleron.
Pour les autres segments, la FFB maintient ses prévisions, les premières données disponibles pour 2026 s’inscrivant globalement dans la trajectoire attendue. Corrigée de l’effet prix, l’activité globale du secteur devrait ainsi progresser de 2,1 % en 2026.
Après un recul cumulé de 11 % sur trois ans, ces nouvelles estimations confortent l’hypothèse d’une sortie progressive de crise pour le secteur, portée notamment par le redressement du logement neuf. Les effets complets des mesures adoptées dans la loi de finances, en particulier pour le logement collectif, sont toutefois attendus à plus long terme, à partir de 2027, en raison des délais inhérents au montage et à la réalisation des opérations.
Après quatre années consécutives de progression, l’activité d’amélioration-entretien recule de 1,1 % en 2025 à prix constants, tant dans le logement que dans le non-résidentiel, y compris en rénovation énergétique.
Sur la période plus récente, entre les quatrièmes trimestres 2024 et 2025, la baisse de la production se poursuit à un rythme de -1,4 %. Ce repli est principalement imputable au logement (-1,7 %), tandis que le non-résidentiel fait preuve de résistance (-0,3 %), malgré une accélération de la rénovation énergétique. Les perspectives pour le premier trimestre 2026 apparaissent par ailleurs encore plus dégradées.
Vigilance sur la forte hausse du prix du cuivre
Les prévisions générales un facteur de vigilance apparu à l’été 2025 : la forte hausse du cours du cuivre, dont les répercussions se font sentir sur de nombreux produits du bâtiment. « Pour ne donner qu’un chiffre, en France, les prix sortie d’usine des demi-produits en cuivre s’envolent de près de 40 % depuis août 2025», alerte Olivier Salleron.

À ce stade, la FFB n’intègre pas dans ses prévisions une éventuelle dégradation liée aux tensions au Moyen-Orient. Deux éléments expliquent cette position : l’absence de perturbations majeures d’approvisionnement en Europe, contrairement à la période post-Covid, et un impact énergétique jugé limité pour le bâtiment. Si les tensions portent principalement sur le pétrole, le secteur reste davantage dépendant du gaz et de l’électricité, dont les flux vers l’Union européenne demeurent relativement sécurisés.
Malgré un pic ponctuel, les prix du gaz en Europe sont rapidement revenus à des niveaux bien inférieurs à ceux observés en 2022, note la FFB. Certaines hausses sont toutefois relevées, notamment pour les produits bitumineux et les matériaux à base d’aluminium, en progression de plus de 10 %.

Dans ce contexte incertain, la Fédération reste prudente et n’exclut pas une révision de ses prévisions en cas de conflit durable. Elle adresse en parallèle un message aux entreprises du secteur : « le meilleur moyen de se prémunir contre le risque, sans se tromper, consiste à indexer les marchés. » D'autant que l'Unicem s'alerte de l'impact des tensions géopolitiques sur les matériaux de construction.
La nouvelle REP « repart donc sur de bons rails », selon la Fédération
Autre point de satisfaction pour la FFB, l’arbitrage ministériel en faveur d’une simplification de la responsabilité élargie du producteur (REP), après plusieurs mois de négociations. «La refondation qui s’en suit va dans le sens de ce que la FFB demandait, auxquelles se sont ralliées sept autres organisations professionnelles. »
Cette évolution repose sur plusieurs mesures : un renforcement du maillage territorial des points de collecte, un recentrage du dispositif sur les filières où « massification et recyclage » restent « difficiles » — comme les plastiques, les menuiseries, les laines minérales ou encore les membranes d’étanchéité —, ainsi qu’une meilleure visibilité sur les écocontributions, avec un délai de prévenance de neuf mois en cas de modification des barèmes. S’y ajoutent la création d’un fonds dédié à la lutte contre les dépôts sauvages et une refonte annoncée de la gouvernance de la REP PMCB.
La FFB se montre confiante pour la suite : « Cette REP repart donc sur de bons rails, à partir d’un nouveau point de départ plus pragmatique, construit avec les acteurs du terrain. De nouvelles discussions sont déjà engagées et 2026, année de transition, doit permettre de caler au plus vite le nouveau cadre législatif et règlementaire de cette nouvelle version du dispositif. »
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