Le puit sans fond des Célestins

Architecture | 20.07.04
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Le puit sans fond des Célestins - Batiweb
En matière de restauration, celle des opéras et des théâtres du XIXe siécle n’est jamais une affaire simple. A Lyon, la recomposition totale du théâtre des Célestins se présente comme un vrai casse-tête.
Véritable bijou d’architecture du XIXe siècle, le théatre lyonnais des Célestins est un chef d’œuvre de l’architecture Italienne des grandes salles de spectacles. Lorsqu’en 1880 , après un violent incendie, il fut reconstruit par l’architecte Gaspard-Abraham André, ce dernier ajouta à une construction déjà fort complexe une touche de gigantisme qui aujourd’hui ne simplifie pas le travail des restaurateurs.

En effet, pour remodeler l’espace, les architectes Patrick Fagnoni et Blandine Roche du cabinet Architecture Développement ont du notamment composer avec une cage scénique de 45 mètres de Hauteur. Un véritable puit géant qui s’étire du sol au sommet de l’édifice, ouvrant une vision spectaculaire sur le chantier.

Vu de la cage, le bâtiment apparaît comme coupé à la verticale offrant à la vue ses structures telles des strates, où le parterre et les balcons occupent les deux tiers de l’espace. Un espace démesuré qui contraste en revanche avec celui des locaux réservés aux artistes, aux répétitions et aux installations techniques actuelles. Trop d’espace d’un coté et pas assez de l’autre.

Les architectes, non contents d’avoir réimplanté une charpente métallique complète au dessus du gril de la cage scénique, ont de surcroît réussi à aménager au sous sol une salle de répétition de 200 places tout en respectant scrupuleusement les éléments classés par le Ministère de la Culture. Un travail tout en force et délicatesse où nombre d’interventions, comme la rehausse de 80 cm de la déclivité du parterre et du premier balcon fait figure de prouesse.

Au printemps 2005 les Lyonnais retrouveront leur cher théâtre des Célestins rajeuni et portant beau ses deux siècles d’existence. L’édifice d’origine fut en effet édifié, au cœur du quartier religieux des Célestins, en 1792. La salle des Célestins pourra même peut-être devenir à nouveau la référence qu’elle fut au début du siècle, pour les autres villes de France. Une référence qui n’était pas uniquement architecturale car à cette époque, le théâtre était aussi la deuxième salle la plus fréquentée en France après l’opéra Garnier de Paris. En attendant cette renaissance brillante, c’est sa cure sophistiquée de jouvence qui fait aujourd’hui figure chez les spécialistes de ce type de restauration, d’exercice exemplaire.

Redacteur