PPE 3 : France renouvelables craint un ralentissement des EnR
Publié le 05 février 2026 à 14h10, mis à jour le 05 février 2026 à 17h44, par Raphaël Barrou

Cette fois c'est la bonne ? La promulgation du troisième volet de la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE 3) revient inlassablement dans les discussions, le gouvernement promettant une issue d'ici la fin de l'été 2025, puis « avant Noël »... tout en étant repoussée à de nombreuses reprises depuis deux ans et demi.
Mais Sébastien Lecornu l'affirme : c'est désormais une question de jours avant que le texte ne soit promulgué. Le Premier ministre semble décidé à accélérer sur ce dossier. Il doit recevoir, vendredi 6 février, dans la matinée, les syndicats représentant les énergies renouvelables : le Syndicat des énergies renouvelables (SER), France renouvelables (FR), et Enerplan (solaire), ainsi que le gestionnaire du réseau électrique à haute tension RTE.
Six nouveaux réacteurs nucléaires doivent voir le jour
L'après-midi sera consacré aux consultations des acteurs de la filière nucléaire : le géant français de l'électricité EDF, sa filiale nucléaire Framatome, le spécialiste français de l'uranium Orano, et à nouveau RTE.
RTE, qui avait relevé dans son bilan prévisionnel publié en décembre que la France accusait un « retard » dans la dynamique d'électrification. Selon Roland Lescure, invité par BFM TV mardi 3 février, celui-ci est causé par une consommation d'électricité inférieure à ce qui était prévu.
« Il faut équilibrer tout cela : du nucléaire, du marin, du terrestre également avec du solaire et de l'éolien... », promet-il. Avec la construction de six réacteurs nucléaires, qui doivent être mis en service à partir de 2038, Roland Lescure affirme que le gouvernement investit sur le long terme.
« L'objectif n'est pas seulement dans les dix mois, mais plutôt dans les 30 ans qui viennent. Que l'on ait de l'électricité décarbonée, en volume et pas chère en France. Si l'on a de l'électricité moins chère qu'en Allemagne, c'est grâce à nos prédécesseurs d'il y a 50 ans. »
Jusqu'à 40 000 emplois menacés par un ralentissement des EnR
Pour lutter contre le retard pris dans l'électrification, Roland Lescure prévoit de dévoiler, avec Sébastien Lecornu, « un grand plan d'électrification pour investir à la fois dans l'offre et la demande ». Selon lui, c'est désormais « une question de semaines ».
Mais du côté de France renouvelables, en ce qui concerne l'éolien et le solaire, on craint un ralentissement. Le syndicat estime que « l'absence de visibilité (...) pour les filières des énergies renouvelables depuis plusieurs années a déjà des conséquences sur l'emploi. »
Une trajectoire énergétique marquée par un recul par rapport à ce qui était prévu jusque-là pourrait se traduire selon ses calculs par « la destruction de 30 000 à plus de 40 000 emplois », selon les scénarios retenus, « avec un impact significatif dès la première année ». France renouvelables chiffre par ailleurs le risque de « décrochage de l'investissement privé » à 2,7 milliards d'euros par an.
Par Raphaël Barrou














