Accès universel à l’énergie : la filière française se mobilise Développement durable | 13.10.20

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C’est à travers un Livre Blanc paru le 12 octobre, que l’Ademe et le Syndicat des énergies renouvelables (SER) traduisent l’engagement de la filière française en faveur de l’accès à l’énergie dans le monde. Fruit d’un travail de concertation qui a débuté en 2018, le document propose 4 axes de travail prioritaires parmi lesquels, amplifier la collaboration entre acteurs et soutenir massivement l’innovation via des financements.

Arnaud Leroy, Président-Directeur Général de l’Ademe, et Jean-Louis Bal, Président du SER, viennent d’annoncer le lancement d’un Livre Blanc sur l’accès à l’énergie hors réseau. Cette publication, qui s’accompagne d’un document de présentation du savoir-faire français, vise à accélérer la mise en œuvre de l’Objectif de Développement Durable n°7 des Nations Unies. 

 

Les auteurs rappellent que près de 800 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’électricité dans le monde, principalement en Afrique Subsaharienne. « L’accès universel à l’énergie représente le défi de notre décennie. L’apport d’une électricité durable à faible coût est un facteur de développement économique, d’accès à la santé et à l’éducation, d’émancipation des femmes, de progrès social pour tous, pour ne citer que ces bienfaits ». Et les technologies pour soutenir un tel déploiement existent, souligne Jean-Louis Bal. « La baisse drastique des coûts des énergies renouvelables combinée au développement de la digitalisation ouvre un éventail de solutions durables et abordables pour les populations non électrifiées. Les technologies de stockage ont, quant à elles, considérablement évolué et leur coût suit la même pente décroissante que celle des énergies renouvelables ». 

 

Arnaud Leroy évoque aussi le fait que 2,8 milliards de personnes n’ont pas accès à des modes de cuisson propres. « L’accès à l’énergie est à la croisée de multiples enjeux de lutte contre la pauvreté, comme le réchauffement climatique et d’amélioration des conditions de vie et de santé. Il est nécessaire de trouver des leviers d’action qui permettront de créer une véritable dynamique de changement et de mettre en place une mobilisation coordonnée des acteurs ». 

 

Un accès à une énergie « propre, moderne et abordable »

 

Fruit des échanges du groupe de travail national sur l’accès à l’énergie le Livre Blanc liste une série de recommandations qui s’articulent autour de 4 thématiques prioritaires : les aspects législatifs et réglementaires, la coopération entre acteurs, l’innovation et le financement des projets. 

 

15 mesures sont proposées comme par exemple : 

  • Accompagner les Etats dans la formalisation d’une planification pluriannuelle d’accès à l’énergie ;
  • Soutenir la structuration des filières énergies renouvelables locales ;
  • Promouvoir la certification de tous les produits sur le marché au sein des différents pays ;
  • Mettre en place une tarification de l’électricité distribuée par les mini-réseaux reflétant les coûts réels ;
  • Dérisquer les investissements participatifs sur l’accès à l’énergie (création d’un fonds de garantie institutionnel) ;
  • Recenser les compétences locales et les besoins en matière de formation initiale et continue ;
  • Mettre en place des outils pérennes d’information et de communication entre tous les acteurs de l’accès à l’énergie ;
  • Encourager l’innovation à travers des appels à projets. 


Les auteurs du Livre Blanc estiment que la filière française peut venir soutenir le déploiement de l’énergie pour tous. Jean-Louis Bal rappelle que le groupe de travail de l’accès à l’énergie a permis « d’identifier les principaux verrous obérant le déploiement des solutions et de recenser l’offre française. Ce recensement est le point de départ de la démarche de structuration pour une meilleure connaissance des forces, mais aussi des failles de l’offre. Il permettra de garantir une adéquation vis-à-vis des attentes des populations ». 

 

Arnaud Leroy ajoute : « En matière d’énergies renouvelables, la France a de nombreux atouts avec un tissu dynamique d’entreprises, de start-ups et d’ONG qui ont une connaissance très fine des enjeux et besoins des zones les plus concernées par les problématiques d’accès à l’énergie ». Un savoir-faire qui « mériterait de gagner davantage en visibilité auprès des institutions et des donneurs d’ordres internationaux ». 

Des chiffres qui progressent mais...

Le taux d’électrification dans le monde est passé de 83% en 2010 à 90% en 2018. Malgré cette importante progression, de grandes disparités géographiques persistent. 112 millions de personnes d’Asie Centrale et du Sud, et 548 millions en Afrique subsaharienne, n’avaient toujours pas accès à l’énergie en 2018. L’Amérique latine et les Caraïbes présentent désormais un taux d’accès de 98%. 


Rose Colombel
Photo de une : ©Adobe Stock

Redacteur

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