Avec « Empreinte », ERB repense la façon de construire Développement durable | 22.02.21

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ERB, Entreprise Générale du Bâtiment de Chalonnes-sur-Loire (49) présente « Empreinte », un tout nouveau concept d’habitat bas carbone porté par un collectif de PME, de TPE et de startups innovantes, visant à explorer de nouvelles manières de construire. La première maison issue de cette expérimentation sera construite à partir du mois de mai dans l’éco-quartier des Echats III à Beaucouzé (49), pour une inauguration à l’automne 2021. Tous les détails.

C’est à Beaucouzé (49) que sera déployé, pour la première fois « Empreinte », un concept d’habitat performant pensé et piloté par ERB. Le projet, qui réunit un collectif de plus de 21 acteurs aux savoir-faire complémentaires, propose une « autre façon de construire pour explorer l’habitat de demain ». 

Lors d’une conférence de presse, Yves Colliot, Maire de Beaucouzé, a expliqué que la commune s’est inscrite depuis quelques années déjà, dans une démarche de transition énergétique et écologique, et de développement urbain maitrisé. Trois zones d’aménagement concertées ont été créés, trois éco-quartiers dont Echats III, qui a permis la naissance d’un territoire bas carbone, d’un modèle « plus sobre » et surtout d’un espace d’expérimentation permettant de s’interroger sur la mutualisation des moyens et des modes de vie. 

La maison « Empreinte » s’invite ainsi dans cet éco-quartier initié auprès des habitants, les citoyens ayant été très largement associés « à la réflexion autour du futur de la construction et de la commune », a souligné l’édile de la ville. 

Un quartier pilote 

Michel Ballarini, DG d’Alter, aménageur du quartier des Echats pour la ville de Beaucouzé, a estimé que l’éco-quartier est « au niveau national, un laboratoire de ce que sera l’aménagement de demain ». « Il pose les bases » de la future réglementation environnementale, et des labels associés. Outre la baisse des consommations, l’éco-quartier porte une attention particulière au réemploi, et ce, dans une démarche d’économie circulaire. Le quartier, « fabriqué à partir de mixité », croise « toutes les façons de construire (individuel, petit intermédiaire, collectif, habitat en accession, en privé, etc.) », tout en laissant une place importante à la nature. 

« Ce qui nous a beaucoup plu (ndlr : dans le concept « Empreinte »), c’est que ça vient d’un entrepreneur qui saisit l’occasion de faire progresser toute sa démarche, individuelle et de société » vers une démarche « bas carbone », a déclaré M. Ballarini. 

Des solutions novatrices pour un habitat durable

Thomas Grenouilleau - Président - Associé d’ERB, a lui présenté plus en détails le concept. Le collectif engagé dans le projet « porte une réflexion commune et permanente : essayer de construire toujours et encore mieux. Nous avons décidé de nous questionner sur les changements à venir dans la construction ». La construction et l’habitat sont responsables de près de 20% des émissions de CO2 à l’échelle nationale, a-t-il rappelé. « Il fallait porter un projet global » et ne pas « déconnecter conception et réalisation » pour « aborder, dès la conception, des problèmes divers et réfléchir à notre métier premier de faiseur, et à comment accompagner les mutations sur nos métiers, pour améliorer la sécurité, la qualité… ». « Au-delà d’un concept, il fallait se mettre en action » pour construire et aussi rénover autrement. Derrière cette initiative, « il y a une vraie volonté de réponse et de changement dans nos habitudes actuelles ». 

Penser de nouvelles manières de construire appelle à la mise en œuvre de solutions alternatives pour une construction qui réduit son impact sur l’environnement, avec par exemple l’utilisation de nouveaux matériaux. Et c’est bien là, la force d’Empreinte, « des expertises et des innovations réunies autour d’une conviction commune : il est possible de faire autrement, pour faire mieux », a insisté Thomas Grenouilleau. 

La démarche s’est construite autour de quatre axes : la rupture technologique, le développement durable, la participation citoyenne et l’action collective. Empreinte s’appuie par exemple sur l’entreprise nantaise Batiprint3D (connue pour avoir réalisé le projet Yhnova à Nantes en 2017). La fabrication additive ouvre de nombreuses perspectives : construire plus vite, apporter plus de modularité dans l’acte de construire, réduire la pénibilité pour les Compagnons, améliorer la sécurité sur les chantiers, et préserver l’environnement en ajustant la quantité de matériaux à mettre en œuvre. La mousse utilisée dans le procédé BatiPrint3D pour l’isolation de la maison permet le recyclage de 13 000 bouteilles en plastique. 

Autre technologie, la réalité augmentée qui va apporter « de l’agilité à toutes les étapes de la conception à la construction ». La maquette 3D permet « d’appréhender les différents sujets et axes de réflexion, les volumétries, l’implantation sur le terrain, notamment ». Il sera d’ailleurs possible, pour les riverains et aussi les décideurs, de découvrir la maison via une visite virtuelle grâce à des lunettes ou à un casque.

Construire plus durable 

La construction de la maison de 130 m2 comprenant 5 pièces sur deux niveaux débutera au printemps prochain. Quelle mise en œuvre ? Empreinte s’appuie sur les principes de l’économie circulaire. Le concept compte sur l’expertise de l’entreprise Terra Innova pour réutiliser les terres extraites du chantier dans des terrains agricoles avoisinants. Pour ce qui est de la valorisation des déchets de chantiers en granulats pour le béton prêt à l’emploi, c’est Néolithe qui interviendra. La société a développé un procédé « unique au monde », précise un communiqué. 

20 tonnes de déchets de chantiers fournis par ERB seront utilisées pour produire des granulats qui rentreront dans la fabrication du béton nécessaire au chantier de la maison. La fabrication et la livraison du béton bas carbone seront assurées par l’entreprise Anjou Béton. Empreinte utilisera en outre des peintures recyclées développées par l’entreprise Circouleur à partir de peintures collectées en déchetterie. L’utilisation de peinture recyclée réduit de 12 fois l’impact carbone, a avancé le président – associé d’ERB. 

Au fur et à mesure de l’avancée du chantier, des précisions seront apportées. Ce que l’on peut déjà souligner c’est qu’Empreinte est « une innovation collective », s’appuyant sur des PME, des TPE et des startups des Pays de la Loire. Parmi les caractéristiques du projet, un bardage bois en façade, l’utilisation de fibre de bois pour l’isolation du toit, ou encore une toiture monopente pour une collecte des eaux de pluie plus optimale. 

L’inauguration est attendue pour le mois d’octobre 2021. 

Rose Colombel
Photos : ©ERB -Empreinte

Redacteur

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