« Chaleur et froid renouvelables » : la filière appelle à « aller beaucoup plus vite »

Développement durable | 16.10.20
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En mars 2019, le Gouvernement lançait le groupe de travail « chaleur et froid renouvelables ». L’objectif, identifier et lever les freins au développement du secteur. Quelques mois plus tard, les premières conclusions étaient dévoilées. Où en est-on aujourd’hui ? Les principaux acteurs de la filière appellent à « aller beaucoup plus vite et plus loin ». Si les mesures proposées l’an dernier ont en grande partie été mises en oeuvre, ils estiment que d’autres actions doivent venir soutenir leur déploiement.

Lancé en mars 2019, le groupe de travail « chaleur et froid renouvelables » avait pour mission de penser des solutions qui puissent contribuer au développement de réseaux plus verts. 25 actions avaient alors été proposées pour atteindre les objectifs de décarbonation de l’énergie, que l’on retrouve dans la PPE. 

 

Un an plus tard, la Fedene regrette que les mesures ne bénéficient pas d’un soutien renforcé. Elle estime en effet que ces préconisations « ne permettront pas, à elles seules, de soutenir la compétitivité de la filière, qui est aujourd’hui en difficulté ». « Nos inquiétudes se confirment », écrit-elle dans un communiqué, appelant le Gouvernement à « aller beaucoup plus vite et plus loin ». 

 

Les syndicats tirent la sonnette d’alarme

 

La Fedene, trois de ses membres, à savoir le SNCU, le SVDU et le SN2E, et Via Sèva, pointent le décrochage du prix des énergies fossiles (plus de 30%) qui a « très fortement dégradé la compétitivité des énergies vertueuses, ainsi que la valeur des économies réalisées par les Français ». Autre élément d’inquiétude, les orientations de la RE2020 et le décret tertiaire « qui sont très défavorables aux réseaux de chaleur et de froid ». « Les donneurs d’ordre du secteur tertiaire privilégient d’ores et déjà le recours à des énergies fossiles et des installations autonomes », avancent les syndicats. 

 

Ainsi, si une grande partie des 25 mesures ont été mises en oeuvre, il est urgent de renforcer les actions. La Fedene propose la mise en place de « mécanismes de soutien complémentaires »  et la révision des orientations de la future RE2020 et du projet de Diagnostic de Performance Energétique (DPE) qui doivent « confirmer et conforter les ambitions arrêtées par le Gouvernement dans le PPE ». 

 

La filière rappelle être fortement mobilisée. Elle a notamment contribué à la mise en place d’une plateforme collective de promotion et au déploiement d’une campagne d’information auprès du grand public. Elle a également convaincu les gestionnaires et délégants de réseaux de renoncer à l’énergie charbon sous 10 ans. Parmi les mesures en attente d’une mise en oeuvre par l’Etat, faciliter le recours au classement des réseaux de chaleur par les collectivités, faire évoluer les contrats de concession, mettre en place une mission d’accompagnement pour redynamiser 10 à 20 réseaux en difficulté. 

 

D’autres actions ont été initiées mais non déployées comme la création d’une clause de revoyure dans les aides du Fonds Chaleur, l'adaptation du taux EnR&R et de la performance énergétique des réseaux de chaleur et de froid, et l'obligation de raccordement à un réseau de chaleur existant pour toute construction neuve. 

 

« Pour être pleinement efficaces, les mesures du groupe de travail ministériel « chaleur et froid renouvelables », doivent s’inscrire dans un cadre macro-économique et réglementaire clair, stable et ancré dans la réalité », déclare Pascal Roger, Président de la Fedene. 

 

Guillaume Planchot, Président de Via Sèva, ajoute : « La chaleur et le froid renouvelables sont un facteur clé de la réussite de la transition écologique. Avec un soutien renforcé des pouvoirs publics, ils peuvent jouer un rôle majeur pour la souveraineté énergétique de la France, dans l’intérêt des consommateurs ». 


Rose Colombel 
Photo de une : ©Adobe Stock

Redacteur
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