En 10 ans, le parc social a augmenté mais reste insuffisant, selon l’Ancols
Publié le 18 mars 2026 à 11h10, mis à jour le 18 mars 2026 à 11h44, par Nils Buchsbaum

Le parc de logements sociaux a connu une nette expansion au cours de la dernière décennie, avec 527 000 unités supplémentaires entre 2014 et 2024. D’après une étude publiée mardi 17 février par l’Agence nationale de contrôle du logement social (Ancols), cette croissance s’est accompagnée d’une adaptation partielle aux besoins des demandeurs, sans toutefois suivre pleinement l’évolution de leurs revenus.
Sur la période, 747 000 logements sociaux ont été mis en service, c’est-à-dire attribués à des ménages demandeurs. Parallèlement, 220 000 logements ont été vendus ou démolis, précise l’Ancols.
Au total, le parc social atteignait 5,13 millions de logements au 1er janvier 2024, soit une hausse de 11,4 % par rapport au 1er janvier 2014.
Dans le même temps, la dynamique de croissance s’est ralentie au fil de la décennie : le nombre de nouveaux logements sociaux mis en service est passé de 59 000 en 2014 à 35 000 en 2023.
La production de logement très sociaux « nettement insuffisante »
Plus préoccupant, la production de logements dits « très sociaux » (PLAI), aux loyers les plus faibles, s’est révélée « nettement insuffisante au regard de la demande, compte tenu du grand nombre de démolitions » de logements à bas loyers, alerte l’Ancols.
Sur la décennie, « les logements très sociaux n'ont augmenté que de 4 % », souligne l’Ancols, alors même qu’ils étaient déjà insuffisants pour répondre à la demande en 2014. À cette date, « près de 60 % des ménages demandeurs » disposaient « de ressources sous les plafonds PLAI », tandis que « 44 % du parc » relevaient des « logements très sociaux »
« L'évolution nette du parc social depuis dix ans a accentué l'inadéquation entre l'offre et la demande sur le plan des ressources », analyse l’Ancols.
De son côté, l’Union sociale pour l’habitat (USH), confédération du mouvement HLM, « constate » et « dénonce depuis très longtemps une inadéquation » entre la création de logements sociaux et les besoins, qu’elle attribue « à la conséquence d'une politique menée par les ministères de l'Economie et du Logement », souligne sa directrice générale, Marianne Louis.
« Ce ne sont pas les bailleurs sociaux qui décident de limiter la production de PLAI », rappelle-t-elle, précisant que celle-ci est « contingentée par l'Etat via les aides à la pierre ».
La bailleurs sociaux réclament des aides à la construction plus importantes
Dès l’élection présidentielle de 2022, l’Union sociale pour l’habitat (USH) plaidait pour un objectif de 60 000 logements très sociaux construits chaque année. En 2025, 30 000 logements en PLAI ont été réalisés grâce au Fonds national des aides à la pierre.
Pour accroître la production de logements à très bas loyers, « il faut des aides à l'investissement plus importantes » pour les bailleurs sociaux, insiste Marianne Louis. Elle déplore toutefois qu’« à l'inverse, l'État s'est retiré progressivement du financement du Fonds national des aides à la pierre ».
En parallèle, l’Ancols observe une adaptation du parc aux évolutions de la demande : les bailleurs sociaux ont davantage répondu aux besoins des personnes seules, qui représentent désormais la moitié des demandeurs, avec 40 % de petits logements (T1 et T2) construits.
Sur le plan géographique, l’Agence relève « une cohérence globale dans l'implantation des constructions de logements sociaux », les zones identifiées comme les plus en tension concentrant l’essentiel de la progression du parc.
Fin 2025, 2,9 millions de ménages étaient en attente d’un logement social, un niveau record.
Avec AFP
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