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Printemps des luttes locales : l’Unicem craint des blocages !

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Publié le 18 mars 2026 à 15h05, mis à jour le 18 mars 2026 à 17h08, par Virginie Kroun


Le Printemps des luttes locales a été lancé par Les Soulèvements de la Terre ce mois de mars, s’opposant à l’artificialisation de sols. De quoi indigner l’Unicem, qui craint pour l’industrie de l’extraction minérale et réclame « réponse claire et ferme des pouvoirs publics ».
©Adobe Stock
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« Le Printemps des luttes locales est lancé ! », scande Les Soulèvements de la Terre, le 11 mars, sur Instagram.

Du 23 au 26 mai, le mouvement écologiste s’opposera à «l'artificialisation des sols et la confiscation de nos territoires pour des intérêts privés », affiche-t-il. 

Au total, 100 collectifs et organisations s’apprêtent à mener « des actions décentralisées », afin de « montrer aux maires qui seront tout juste élu-e-s que nous ne laisserons pas bétonner nos terres et imposer ces projets ». 

Des actions qui ciblent l’industrie de l’extraction minérale, ce qui a fait réagir rapidement l'Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction (Unicem) : « Des appels à l’action sortant du cadre du débat démocratique », dénonce-t-elle dans un communiqué du 18 mars. Le tout dans « une logique assumée de confrontation et de désorganisation économique », abonde l’organisation.

Des blocages dangereux les salariés, entreprises et territoires

 

Car ce que craint l’Unicem, c’est une multiplication des appels à « bloquer, occuper, voire perturber des sites industriels ». Une menace pour la sécurité de salariés, car les blocages peuvent perturber des « environnements industriels exigeants et strictement réglementés », estime l’union.

« L’Unicem refuse que ces salariés deviennent les victimes d’actions militantes qui les désignent injustement. Elle alerte également sur le traumatisme que représenterait, pour ces femmes et ces hommes, le fait de voir leurs outils de travail dégradés ou détruits, ainsi que sur l’incompréhension profonde face à des actions qui remettent en cause leur engagement professionnel et leur rôle au service des territoires », lit-on dans son communiqué.

« S’attaquer aux matériaux, c’est bloquer le pays », poursuit-elle, en soulignant l’importance des matériaux minéraux sur les projets de logement, d’écoles, d’hôpitaux, d’infrastructures, de routes, etc. 

L’organisation a appelé à bannir le terme « bétonisation », car employé dans un esprit d’amalgame avec l’artificialisation des sols. D’autant que « sans matériaux, pas de transition écologique », affirme-t-elle, relevant l’importance du béton pour les projets d’éoliens et d’énergies renouvelables, les transports décarbonés, même la rénovation énergétique. 

Une « réponse claire et ferme des pouvoirs publics » réclamée

 

En parallèle, des industriels du béton vantent une décarbonation progressive de leurs solutions. C’est le cas d’Edycem avec sa démarche Vitaliss, de Lafarge voulant accélérer sa production de ciment aux argiles activées, comme de Point.P et CarbiCrete qui collaborent dans la formulation d'un béton sans ciment. Sans compter les actions des industriels de l'Unicem, pour réaménager la biodiversité sur les sites exploités. 

Mais cela convaincra-t-il Les Soulèvements de la Terre ou d’autres collectifs écologistes ? Des projets comme l’A69 ont dernièrement cristallisé les tensions. En janvier dernier, malgré les recours des opposants et les polémiques sur les dépassements d’emprise du chantier autoroutier, la pose du revêtement a été lancée, avec une mise en service prévue en octobre prochain. Les défenseurs du projet ont invoqué son intérêt à l’échelle territoriale, car la route vise à relier Toulouse à Castres. 

À cela s'ajoute l'opposition de la Fédération nationale des SCoT à la loi Trajectoire de réduction de l’artificialisation concertée avec les élus locaux (Trace), visant à assouplir les objectifs de zéro-artificialisation nette des sols (ZAN)

L’Unicem demande une « réponse claire et ferme des pouvoirs publics » en plusieurs points : garantir la sécurité des sites et salariés, empêcher toute action illégale, assurer la poursuite d’activités économiques et condamner les appels à des actions dangereuses. 

Devons-nous craindre un bilan similaires à celui des manifestations contre les méga-bassines à Sainte-Soline en mars 2023 (47 gendarmes blessés, 200 manifestants blessés) ? Affaire à suivre…

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Virginie Kroun
Journaliste - Batiweb

Virginie Kroun est journaliste au sein de la rédaction de Batiweb. De la presse BD durant ses études, elle atterrit en 2021 dans l’univers BTP, dont elle ne se lasse pas. Si elle couvre tous les thèmes du secteur, Virginie a ses sujets de prédilection : justice, patrimoine, prévention et matériaux biosourcés.

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