l'UE doit se libérer de sa dépendance vis-à-vis de la Russie

Développement durable | 07.07.08
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l'UE doit se libérer de sa dépendance vis-à-vis de la Russie  - Batiweb
L'empire Gazprom, cet Etat dans l'Etat, est devenu un levier majeur de la politique de la Russie de Poutine.L'Union européenne doit se libérer de sa dépendance vis-à-vis de la Russie pour ses approvisionnements en gaz grâce aux énergies renouvelables et au nucléaire, a affirmé samedi l'ancien directeur de l'Agence Internationale de l'Energie, Claude Mandil.

"Donnons nous les souplesses qui nous manquent par plus d'efficacité énergétique, plus de recours au gaz naturel liquéfié, aux énergies renouvelables, au nucléaire", a-t-il lancé aux ministres de l'Energie européens réunis par la présidence française de l'UE pour un conseil informel à Saint Cloud, près de Paris.
"Je pense que nous devons sortir de la contradiction dans laquelle nous nous sommes nous-même placés. Nous sommes à la fois angoissés à l'idée de manquer de gaz russe et verbalement agressifs à l'égard de la Russie", a-t-il souligné. "Cessons de provoquer la souveraineté de la Russie en prétendant lui dicter sa conduite énergétique sur son territoire", a-t-il conclu.

M. Mandil avait été invité par le ministre français de l'Environnement et de l'Energie Jean-Louis Borloo dans le cadre d'un débat sur la sécurité énergétique et les biocarburants. L'ancien directeur de l'AIE est l'auteur d'un rapport sur la sécurité énergétique.

Le nucléaire est l'invité indésirable de cette réunion, car le sujet divise les Etats membres. Il a été lancé par l'annonce jeudi du président français Nicolas Sarkozy de la construction d'un deuxième réacteur réacteur nucléaire de troisième génération EPR, une décision qu'il a justifiée par la flambée des prix du pétrole et du gaz. Cette annonce faite le jour de l'ouverture de la réunion informelle a été diversement appréciée, mais n'a suscité aucune déclaration hostile.

Le ministre allemand de l'Environnement Sigmar Gabriel a simplement déclaré à la presse qu'il considérait le nucléaire comme "une énergie à haut risque". "Le nucléaire n'est pas un sujet de discussion pour les négociations sur le plan de lutte contre le réchauffement climatique", ont affirmé à l'AFP Jean-Louis Borloo et la secrétaire d'Etat française à l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet. "Personne ne demande à considérer le nucléaire comme une source d'énergie renouvelable ni sa prise en compte dans l'effort pour la réduction des émissions de gaz a effet de serre", ont-ils insisté. Mais "un mouvement en faveur du nucléaire se dessine au sein de l'UE", a souligné un négociateur.

L'Italie, à l'initiative de Silvio Berlusconi, veut revenir au nucléaire, abandonné il y a vingt ans, en 1987, après un référendum. "Notre gouvernement privilégie le retour au nucléaire. Nous poserons la première pierre (du programme) pendant notre législature", a affirmé à l'AFP à Saint-Cloud le ministre italien du Développement économique Claudio Scajola.

Les réticences des Européens à l'égard du nucléaire diminuent, même si aucune majorité ne se dégage encore en faveur de cette source d'énergie, indique un sondage européen publié jeudi. Pour Claude Mandil, l'heure n'est plus aux tergiversations. "L'évolution de la capacité de production est insuffisante pour suivre la croissance de la demande et ce quels que soient les types d'énergies et les régions", a-t-il averti.

"Seules un ensemble de politiques très rigoureuses favorisant les investissements et l'efficacité énergétique permettront d'éviter une crise mondiale sérieuse", a-t-il affirmé. Pour le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, "il ne devrait pas y avoir de tabous concernant l'énergie nucléaire". "Nous devons soutenir les pays qui veulent avoir l'énergie nucléaire" mais "il s'agit d'une question du ressort national", a-t-il déclaré vendredi à Bruxelles.

Redacteur