Le projet GeoBaPa identifie les opportunités de réemploi des terres excavées Développement durable | 20.04.21

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Le projet GeoBaPa est né d’une volonté de réduire le volume de terres excavées, qui sont éliminées puis conduites vers des centres de stockage de déchets alors que ces dernières pourraient, en réalité, être ré-utilisées. Finalisé en 2021 à l’issue de 4 ans de travail, le projet mené par le groupement lsoltracing, BG Ingénieurs Conseils, Geovariances, le BRGM et Esiris, a permis de caractériser la qualité chimique habituelle des fonds pédogéochimique des régions Ile-de-France et Normandie. Ainsi, le projet révèle que 50% des terres excavées normandes et franciliennes seraient réutilisables. Explications.

En 2017, le secteur du BTP était responsable de 76% de la production de déchets issus des activités économiques, immobilisant ainsi les enjeux de prévention et de valorisation des déchets fixés par la loi de transition énergétique du 17 août 2015. Dans ce contexte, le projet GeoBaPA, soutenu par le Ministère de la Transition Écologique et Solidaire, par l’Ademe Ile-de-France et la DIDVS, visait à élaborer un référentiel de fond pédogéochimique reconnu en matière de concentrations d’origines naturelles et anthropiques diffuses présentes dans les sols des régions Île-de-France et Normandie. 

Ce vendredi 16 avril, le groupement du projet (Soltracing, BG Ingénieurs Conseils, Geovariances, BRGM et Esiris) a publié ses conclusions ; des résultats « qui s’avèrent décisifs quant au soutien de l’économie circulaire dans la vallée de la Seine en déterminant l’acceptabilité environnementale des terres de chantier pour ensuite en assurer la traçabilité. »

« GeoBaPa est une démarche originale entre acteurs publics et privés, autour d’un enjeu clé de l’économie circulaire du BTP. Il permet de conforter celle-ci, grâce à une approche scientifique exemplaire, et un outil garantissant la transparence indispensable aux mouvements de terre. Il marie performance environnementale et rationalité économique », déclare François Philizot, délégué interministériel de la Vallée de la Seine. 

Un référentiel pour étudier et connaître le potentiel de réutilisation des terres excavées

« Les terres excavées représentent un gisement en forte croissance dont le potentiel de réutilisation hors site est encore, pourtant, peu exploité », indique le groupement dans un communiqué. Le projet détermine par conséquent trois enjeux dans la question du réemploi entre chantiers : la valorisation des déchets, la substitution de la demande en matières premières et l’optimisation des distances de transport et des émissions de gaz à effet de serre associées. 

Ainsi a été créé un référentiel public, gratuit et opérationnel qui « facilite et sécurise les opérations de déblais/remblais en leur fournissant un cadre transparent et adapté aux pratiques de terrain. » Une cartographie précise des sols du bassin parisien a été constituée pour localiser la demande en terres excavées. Cette dernière a été établie suite au traitement de plus de 7 700 échantillons, issus de données collectées auprès de 5 grandes maîtrises d’ouvrage et de la mise en œuvre de plus de 200 sondages en Ile-De-France et en Normandie par les partenaires du projet.

« Les résultats de GeoBaPa déterminent les teneurs habituelles en éléments chimiques dans les sols de la vallée de la Seine, permettant ainsi de s’affranchir du besoin de caractériser les sites receveurs et donc de simplifier les études de faisabilité environnementale », explique le groupement.

Plus de 8,2 millions de tonnes de terres pourraient être réutilisées en projets d’aménagement 

D’après l’étude, « la qualité chimique de sols est très variable d’une zone à l’autre de la vallée de la Seine, en particulier lorsque ceux-ci ont été remaniés par les activités humaines (zones remblayées). » Toutefois, la cartographie du projet GeoBaPa répond précisément à une nécessité des acteurs du secteur qui souhaitent verdir leurs chantiers et ce, notamment en Ile-de-France et en Normandie ou plus de 8,2 millions de tonnes de terres pourraient être réutilisées en projets d’aménagement.   

De plus, près de 50% des terres excavées sont potentiellement réutilisables sur près de 20% du bassin parisien en préservant la qualité des sols en place, en particulier sur les zones périurbaines et urbaines. « Le développement de la mise en place de l’économie circulaire dans le BTP peut donc se faire dans le plus grand respect de l’environnement », souligne le communiqué. 

Emmanuel Cazeneuve, Président de Soltracing, déclare : « En menant le projet GeoBaPa, avec notre réseau de partenaires et nos soutiens, nous avons donné des éléments concrets pour mener à bien cette transition : nous avons la conviction que notre action paye enfin et que l’écosystème est prêt pour ce changement. » 

 

Marie Gérald 

Photo de Une : ©Soltracing.

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