Rénovation énergétique des copropriétés : quel est l’impact de la crise ? Développement durable | 18.05.20

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Depuis le 16 mars, la crise du Covid-19 et les mesures de confinement ont créé un coup d’arrêt pour la rénovation énergétique des copropriétés. C’est le constat dressé par l’Agence parisienne du Climat, qui a interrogé plusieurs bureaux d’études et organismes, qui témoignent de l’arrêt des chantiers, de la baisse des consultations et demandes d’aide. Les Français reprendront-ils tout de même leurs projets ?

La rénovation énergétique des copropriétés a été fortement ralentie ces deux derniers mois avec la crise liée au Covid-19, et devrait encore le rester pendant plusieurs mois puisque les assemblées générales de syndics ont été repoussées à septembre, ce qui risque de décaler bon nombre de projets.

 

Le confinement a eu un impact sur l’activité des professionnels de la rénovation et notamment les bureaux d’études et de conseil qui ont pour la plupart réorganisé leur activité en télétravail, mais ont été confrontés à un arrêt des chantiers, une baisse d’intérêt, et un report des projets, notamment pour des raisons financières.

 

Parallèlement, le confinement a pu contribuer à la prise de conscience de l’importance d’une bonne isolation des logements, et réveillé le besoin de végétalisation chez les Français.

 

L’Agence parisienne du Climat, qui aide les particuliers dans leurs projets de rénovation énergétique, a recueilli le témoignage de plusieurs spécialistes (organismes et bureaux d’études), pour faire le point sur la situation.

 

Alexandre Nicourt, Responsable des activités Conseil et Accompagnement au sein de l’Agence parisienne du Climat, note une baisse des demandes de rendez-vous pour des informations/conseils sur les mois de mars et avril, mais une légère hausse de connexions à la plateforme CoachPro en mai. Il précise qu’actuellement « plus de 3 400 copropriétés du territoire de la métropole parisienne sont suivies via ce dispositif, ce qui représente plus de 162 000 logements ».

 

Il explique cette baisse de consultations par le fait que les responsables de conseils syndicaux ne peuvent pas se rencontrer pour échanger sur les projets en cours, que certains copropriétaires habituellement sensibles à ces sujets sont partis en province pendant le confinement, et que ce genre de travaux n’est pas la priorité du moment.

 

Préparer la reprise

 

Même constat du côté de l’Anah. Florian Vaujany, chargé de mission « Processus Métiers » à l’Anah, rappelle que les aides financières n’ont pas cessé pendant le confinement, mais remarque que les dépôts de dossiers ont accusé une baisse importante en mars et en avril. Selon lui, cela s’explique notamment par la difficulté pour les particuliers à solliciter des artisans pour un devis à cette période-là.

 

« Nous développons actuellement les prochaines fonctionnalités du dispositif MaPrimeRénov’, dont la fonction de mandataire. Elle permettra aux entreprises de pouvoir organiser les démarches administratives auprès de l'Anah à la place de leur client, ce qui permettra d'accélérer la massification des travaux de rénovation. Nous pouvons affirmer que dès la reprise de l’activité BTP, l’Anah sera pleinement opérationnelle pour traiter une potentielle vague de demandes », ajoute-t-il concernant la poursuite d’activité au sein de l’Anah.

 

Vincent Vanel, président de Greenation (membre de la fédération Cinov), relève pour sa part un point positif lié au confinement : outre l’importance de l’isolation et du confort dans le logement, le besoin en végétalisation a d’autant plus émergé chez les Français confinés : « Nous constatons un développement de missions dans la végétalisation des bâtiments, l’aménagement de jardins nourriciers en terrasse ou les pavillons. Les citoyens ont compris qu’il était aujourd’hui indispensable de reprendre la main sur leur autonomie et sur leur résilience face aux événements extérieurs. La situation sanitaire actuelle montre qu’en cas de crise environnementale due à la pollution des milieux naturels, ceux qui auront anticipé leur souveraineté alimentaire (voire médicinale via les plantes) s’en sortiront davantage ».

 

C.L.

Photo de une : Adobe Stock

 

Redacteur

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