Des mesures pour le logement restées lettre morte

Législation | 05.03.09
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Des mesures pour le logement restées lettre morte - Batiweb
Il y a un an étaient présentées au gouvernement 100 propositions de mesures pour le logement. Le premier ministre avait alors lancé un "Chantier national prioritaire" pour les sans abris et mal-logés. Depuis, seules huit mesures ont été appliquées, déplore le Collectif des associations unies pour une nouvelle politique publique du logement.
Le désengagement de l'Etat, un gouvernement qui ne tire par les leçons du plan hivernal... grande est la déception chez les associations pour le logement. En janvier 2008 le Premier ministre avait reçu les présidents des associations membres du Collectif et s'était engagé par le biais d'un "Chantier national prioritaire" devant s'étaler de 2008 à 2012. Pour suivre la mise en place des 100 mesures prioritaires, les associations publient un baromètre trimestriel dressant l'état des lieux. Rendu public avant-hier, celui-ci déplore que seules huit mesures aient été appliquées à l'heure actuelle.

En matière d'hébergement, le Collectif relève de nombreuses idées restées lettre morte. "Malgré les textes officiels, malgré les engagement pris par les pouvoirs publics, les principes fondamentaux qui structurent l'accueil et l'hébergement d'urgence ne sont pas respectées" , peut-on lire dans le baromètre. Il y est déploré en outre que certaines personnes sont encore moins bien traitées que d'autres : celles accompagnées d'animaux, les personnes à mobilité réduite ou encore celles souffrant de troubles psychiques ou d'addictions.

Tirer des leçons des plans hivernaux

"Surtout c'est l'accueil inconditionnel qui est constamment remis en cause, avec la discrimination exercée à l'encontre des personnes en situation irrégulière à l'entrée des centres d'hébergement et de plus en plus fréquemment les interpellations policières aux alentours ou à l'intérieur des centres". Le Collectif regrette en outre que le gouvernement n'ait pas tiré les leçons des derniers plans hivernaux : "le bilan ressemble tristement à celui des années précédentes : pas assez de places, et trop d'interrogations quant au sort des personnes accueillies après la fermeture de ces lieux temporaires".

Côté prévention, le Collectif note qu'en réduisant le délai maximum d'expulsion de trois ans à un an, la loi Boutin pour le logement "revient sur un droit acquis en 1951". En effet, les ménages n'ayant pas trouvé à se reloger par leurs propres moyens seront expulsés, un principe en totale contradiction avec leur droit au logement. "Les parlementaires opèrent un revirement fondamental en prenant le parti de la répression et font le choix de la facilité".

Le Collectif pour une nouvelle politique publique du logement des personnes sans abri et mal logées regroupe parmi beaucoup d'autres associations, Emmäus, les compagnons bâtisseurs, la Croix-Rouge, les Enfants de Don Quichotte, la Fondation Abbé Pierre, les Restos du Cœur, le FNARS, la Ligue des droits de l'homme, le Secours catholique ou encore l'UNIOPSS (Union nationale des œuvres et organismes privés sanitaires et sociaux).

Deux ans après avoir dressé des centaines de tentes le long du canal Saint-Martin, à Paris, pour abriter les SDF et alerter l'opinion publique, le chef de file des Enfants de Don Quichotte Augustin Legrand, a annoncé qu'il allait renouveler l'opération, mais cette fois-ci partout en France. Les mal-logés et les autres pourront s'inscrire sur le site www.lesenfantsdedonquichotte.com afin de s'engager à manifester ou à camper en périphérie des grandes villes à partir du 15 mai. Toujours visible au cinéma, un documentaire sorti en octobre 2008 retraçant le combat de l'association lors de l'hiver 2006-2007. Les séances ici.

Laurent Perrin

Télécharger le dernier baromètre (pdf)
Redacteur