Gare du Nord : la polémique relancée avec l'autorisation des travaux Législation | 08.07.20

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Depuis l’annonce d’un projet de transformation de la gare du Nord comprenant un espace de plus de 50 000 mètres carrés partagés entre un centre commercial et des bureaux, les opposants se multiplient, comprenant d'abord un collectif d’architectes, puis la Mairie de Paris. Mais avec l’autorisation définitive du préfet de la région Île-de-France ce lundi 6 juillet, les travaux devraient tout de même débuter.

C'est une polémique qui dure depuis bientôt un an. D'abord favorable au projet de transformation de la gare du Nord, la Mairie de Paris avait finalement contesté le projet proposé, comprenant un centre commercial de plus de 20 000 mètres carrés, jugé trop commercial et défavorable aux trajets quotidiens des passagers.

 

Lundi 6 juillet, le préfet de la région Île-de-France, Michel Cadot, a défintivement tranché, prenant la décision de délivrer le permis de construire, « valant autorisation d’exploitation commerciale » suite à une « instruction attentive et au regard de l’avis favorable émis par la commission d’enquête et de l’ensemble des concertation réalisée », a précisé la préfecture de la région.

 

Un projet indispensable ? 

 

Ce chantier colossal au budget de 600 millions d’euros est mené par le réseau SNCF Gares & Connexions et Ceetrus, une filiale du groupe Auchan. Construite il y a quelques 155 années, la gare du Nord devrait être modernisée avec la construction de commerces, de bureaux et d’équipements culturels. Le projet de restructuration de la gare s’inscrit aussi dans une démarche avancée comme écologique, avec un toit végétalisé d’un hectare offrant une vue sur le Sacré Coeur, une gare cycliste de plus de 2 000 vélos est également prévue, ainsi qu’une grande nef transversale. La gare du Nord passera donc d’une surface de 80 000 mètres carrés, à une superficie de 124 000 mètres carrés. 

 

Un projet qui prend trop d’ampleur selon le premier adjoint à la mairie de Paris dans un tweet partagé par Anne Hidalgo : « Avec le projet de rénovation actuel de la Gare du Nord, le gouvernement vient de s'inventer un Notre-Dame-des-Landes en plein Paris. Je lui souhaite beaucoup de courage sur le plan politique et juridique », a-t-il réagit.

 

Cependant, un autre fait est intervenu en faveur de ce projet :  les Jeux Olympiques et Paralympiques qui se tiendront en France en 2024, qui devraient attirer de nombreux touristes : « Cette gare moderne est non seulement nécessaire, dans la perspective de la Coupe du monde de Rugby en 2023 et des Jeux Olympiques et Paralympiques 2024 à Paris, mais elle permettra aussi de faire de la gare du Nord un nouveau lieu de vie urbain, associant commerce, sport, culture et travail », a notamment argumenté le préfet d'Île-de-France.

 

Du côté des architectes, les célèbres Jean Nouvel et Roland Castro jugent de leur côté ce projet « inacceptable » et « pharaonique ». Dans une tribune publiée dans le journal Le Monde en septembre dernier,l es deux professionnels demandaient à ce que le projet soit « repensé de fond en comble ».

 

Mais le préfet d’Île-de-France vient de prononcer la sentence : la gare du Nord s’agrandira bien.

 

« Un déni de démocratie »

 

Cette décision est bien loin de plaire à la Mairie de Paris, qui contrattaque deux jours seulement après la décision du préfet. Le premier adjoint à en effet déclaré mercredi que cette décision était « incontestablement un déni de la démocratie », et reste fermement opposé à ce projet qu’il qualifie de « surdimentioné »

 

Une prise de position épaulée par Anne Hidalgo « mécontente » de cette décision selon son premier adjoint : « Ce n'est pas ou ce ne sera plus une gare, mais un centre commercial avec accessoirement une gare à l'intérieur, et on est au coeur de l'opposition qui caractérise notre relation avec l'Etat ». 

 

Le premier adjoint à la Mairie de Paris fustige par ailleurs la manière dont ce projet a été adopté : « Il suffisait que le préfet ne délivre pas ce permis et que les parties fassent un recours gracieux, et on gagnait deux mois pour discuter du projet », a-t-il encore estimé, dénonçant par la même occasion l’incrédibilité du calendrier des travaux devant s’achever avant les Jeux Olympiques de 2024. 

 

Les entreprises en charge des travaux devraient donc débuter les travaux le plus rapidement possible, malgré l'avis des opposants à ce projet.

 

J.B

Photo de une ©Adobe Stock 

Redacteur

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