Ciment : une contraction de la consommation de -2,5%, prévue en 2014

Vie des sociétés | 04.04.14
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Le Syndicat français de l'Industrie Cimentière vient de présenter les chiffres de l'année 2013 et les perspectives de son activité pour 2014. Sans surprise, le secteur du ciment est en décroissance avec une baisse de consommation de -3,8 %, à 19,2 millions de tonnes en 2013 par rapport à l'année 2012, et l'année 2014 ne s'annonce pas meilleure. Les professionnels souhaitent notamment que le gouvernement se montre à la hauteur de ses ambitions pour relancer la construction.

Pour l'année 2014, le Syndicat français de l'Industrie Cimentière table sur « une contraction de la consommation de ciment en France, avec une baisse de 2,5 % à 18,7 millions de tonnes. Un retour en 1985, en termes de volumes », s'est inquiété Jean-Yves Le Dreff, président du Syndicat français de l'Industrie Cimentière.

Au 1er trimestre 2014, le marché du ciment a rebondi de 6 % mais seulement par « chance ou par un effet de base significatif par rapport à un premier trimestre 2013, impacté par les intempéries, qui avait chuté de 11 %. Le premier trimestre 2014, comparé à 2012 est en recul de 5% et le mois de mars régresse encore plus à -20 % », a-t-il détaillé.

Ces estimations s'expliquent également au regard des chiffres prévisionnels pessimistes du secteur de la construction et des travaux publics, deux débouchés essentiels pour la filière cimentière.

En effet, au vue de l'activité passée et de l'activité prévue, le moral du secteur bâtiment reste bas, malgré une légère embellie en milieu d'année vite assombrie par une fin d'année délicate.

Du côté des travaux publics, la FNTP note une stabilisation liée aux bons chiffres de la fin 2013, « probablement liés au cycle pré-electoral » selon Jean-Yves Le Dreff, président du Syndicat français de l'Industrie Cimentière.

« La production industrielle reste en dégradation continue depuis 2011, sans pouvoir anticiper de redémarrage ni pour 2014 ni pour 2015. On n'a pas, parmi les indicateurs, de signaux positifs, » a regretté le président du syndicat.

Retour vers le passé

« L'année 2013 a été une année difficile en termes d'évolution du marché. Depuis 2007, la filière est systématiquement en décroissance. Cette année, la consommation de ciment s'établit à 19,2 millions de tonnes soit un recul de 3,8% par rapport à l'ensemble de l'année. Ces mauvais chiffres nous ramènent 15 ans en arrière en termes de volume, voire 30 ans en arrière sur le ratio par habitant, » a déclaré Jean-Yves Le Dreff, président du Syndicat français de l'Industrie Cimentière.

Dans le détail, « les acteurs ont cherché des relais de stabilité pour maintenir les flux d'exportation » en 2013. 1250 millions de tonnes de ciment ont été exportés contre 1080 en 2012. Du côté des importations, leur part dans la consommation française s'est stabilisée à 10%. Elles représentent ainsi 1870 millions de tonnes en 2013 contre 1960 millions de tonnes en 2012.

Dans ce contexte difficile, le SFIC voit également deux autres menaces peser sur l'industrie cimentière en 2014.

D'une part, la hausse du coût de l'énergie électrique sous l'effet de l'évolution de l'Arenh, Accès Régulé à l'Electricité Nucléaire Historique. « Si le prix de l'électricité passe de 42 euros à 50 euros le MWh, cela coûtera 20 millions de plus à notre industrie, » explique Jean-Yves Le Dreff.

D'autre part, « la remise en cause du plafonnement de la CSPE représenterait aujourd'hui un surcoût de 40 millions d'euros avec une projection à 80 millions d'euros en 2020 » selon le SFIC. « Cela représenterait entre 15 et 20 % de notre marge opérationnel ».

Une filière prête pour l'objectif 500 000

Malgré tout, le syndicat entrevoit d'autres perspectives plus positives pour son activité. Il a réaffirmé son soutien à l'objectif « 500 000 » du gouvernement. « La filière est prête aujourd'hui, nous en sommes capables. La construction de 200 000 logements supplémentaires représenterait 10 à 13 % de volume supplémentaire pour la profession, soit 4 millions de tonnes de ciments consommés en plus », a détaille le président du syndicat qui souhaite que « le nouveau gouvernement redouble d'efforts pour structurer ces ambitions et pour les concrétiser en revoyant notamment les mécanismes d'incitation ».

Enfin, la filière mise aussi beaucoup sur l'économie circulaire et s'impliquera encore davantage dans la proximité et l'économie des territoires pour générer de l'activité à l'échelle locale, l'éco-conception ou encore le recyclage. Les cimentiers souhaitent notamment passer de 30 à 50% de combustibles issu de la valorisation des déchets pour leur production.

Claire Thibault
© Food photo - Fotolia.com

Redacteur
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