Culture d'entreprise 'arrogante et immorale' pour Fannie Mae

Vie des sociétés | 25.05.06
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Culture d'entreprise 'arrogante et immorale' pour Fannie Mae - Batiweb
Le géant américain du refinancement hypothécaire Fannie Mae était gangrené par "une culture d'entreprise arrogante et immorale", où l'enrichissement personnel et la manipulation des comptes étaient la règle, estime mardi un rapport de l'agence surveillant le secteur.
Le rapport détaille "une culture d'entreprise arrogante et immorale où des employés de Fannie Mae ont manipulé les comptes et les résultats pour générer des bonus pour les dirigeants de 1998 à 2004", souligne le bureau de surveillance fédérale de l'immobilier (Ofheo) dans un communiqué. Selon le Wall Street journal, Fannie Mae va payer quelque 400 millions de dollars pour solder définitivement les accusations de manipulations comptables portées contre lui par les autorités fédérales.

Fannie Mae est depuis des années au coeur d'un gigantesque scandale. En 2004 il avait été reconnu coupable d'avoir manipulé ses comptes, ce qui a entraîné des pertes estimées à près de 11 milliards de dollars. Après ces révélations, le Financial Times avait parlé en décembre 2004 de "cas d'école de scandale financier".

"L'image d'institution sans risque et +première de la classe+ de Fannie Mae n'était qu'une façade", a souligné le directeur de l'Ofheo James Lockhart, en martelant que "notre enquête a mis au jour un environnement où la fin justifiait les moyens". "Les dirigeants de Fannie Mae géraient les revenus au centième de centime près pour maximiser leurs bonus, tout en négligeant d'investir dans les contrôles interne et la gestion des risques", a-t-il ajouté. Rappelant que Fannie Mae était "le deuxième plus gros emprunteur du monde, derrière le gouvernement américain", M. Lockhart a proposé de "limiter la croissance de Fannie Mae".

Cette recommandation va dans le sens de plusieurs demandes faites depuis le début du scandale. L'ancien président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Alan Greenspan avait ainsi plusieurs fois plaidé pour une limitation de la taille des portefeuilles de Fannie Mae, afin de préserver la stabilité des marchés financiers.

Ce rapport "amplifie fortement ce que nous savions déjà", a souligné Randal Quarles, l'adjoint au Trésor chargé des questions intérieures. Il envoie "un avertissement clair sur les risques très réels que font peser sur le système financier dans son ensemble la mauvaise gestion des portefeuilles" des organismes tels que Fannie Mae, a-t-il ajouté dans un communiqué.

Les manipulations comptables chez Fannie Mae et son homologue Freddie Mac avaient fortement inquiété la communauté financière en 2003-2004. L'immobilier a été un formidable moteur de la croissance aux Etats-Unis, par le biais du refinancement hypothécaire qui permet aux ménages d'emprunter au fur et à mesure que la valeur de leur maison augmente.

Redacteur