DPE : l’étiquette Énergie, témoin des inégalités sociales

Vie des sociétés | 10.05.21
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Dans une note de conjoncture publiée en avril, Notaires de France révèle que l’étiquette Énergie du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) peut être « révélatrice » d’inégalités entre les catégories socioprofessionnelles. En effet, alors que les cadres supérieurs sont sur-représentés parmi les achats aux meilleures étiquettes (A-B-C), les « ouvriers » et « employés » semblent être les principaux acquéreurs des logements les moins performants.

Dans une précédente étude, le notariat soulignait que l’étiquette Énergie n’était pas à elle seule un élément déterminant du choix du logement, mais qu’elle pouvait être un critère de variation du prix. « A ce titre, elle peut être révélatrice d’inégalités entre les catégories socioprofessionnelles ».

« Dès lors que la valeur verte influe sur une surcote ou une décote du prix au regard de la qualité de l’étiquette, certaines CSP sont statistiquement relativement plus nombreuses dans certaines catégories d’achat », démontre une nouvelle note de conjoncture des Notaires de France. Est cité l’exemple de la Bretagne où, en 2019, les appartements anciens de classe F et G étaient vendus en moyenne 5% moins chers que ceux de classe D. 

Les « cadres supérieurs » sont ainsi sur-représentés parmi les achats de logements les plus performants, entre 23 et 25%, alors qu’ils ne rassemblent que 20% des achats toutes étiquettes confondues. A l’inverse, les ouvriers représentent 7 à 9% des achats de logements les moins énergivores, et 15% des achats de logements de classes d’étiquettes F et G (contre 11% toutes étiquettes confondues).

Les professions intermédiaires, qui sont très souvent les plus réceptives aux différentes aides et dispositifs fiscaux favorisant la rénovation énergétique, représentent la part la plus importante des achats toutes étiquettes confondues (29%), et sont également majoritaires parmi les achats de logements A-B-C... et de passoires thermiques ! 

Au regard de ces conclusions, Notaires de France souligne l’importance de rendre le DPE plus lisible et représentatif du bâtiment « en se recentrant sur la seule appréciation de ses caractéristiques physiques, au-delà du mode de vie et les habitudes de consommation des habitants qui altérait la performance énergétique réelle du logement. En effet, le type de logement occupé et l’équipement « technique » (type d’isolation, type de chauffage, équipements électriques, etc.) ont un impact évident sur la consommation d’énergie ». 

Rose Colombel
Photo de une : ©Adobe Stock

 

 

 

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