Nippon Sheet Glass absorbe Pilkington et devient No 1 mondial du verre plat

Vie des sociétés | 28.02.06
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Nippon Sheet Glass absorbe Pilkington et devient No 1 mondial du verre plat - Batiweb
Le groupe verrier japonais Nippon Sheet Glass
(NSG) a annoncé lundi qu'il allait absorber son homologue britannique Pilkington pour 3 milliards de livres sterling (4,4 milliards d'euros) afin de devenir le plus grand fabricant de verre plat du monde, devant Saint-Gobain.
NSG va racheter les 80% du capital de Pilkington qu'il ne détient pas encore au prix de 165 pence par action, soit une prime de 4,1% par rapport au cours de clôture de vendredi. Cette offre a été approuvée par le Britannique. La combinaison de NSG et de Pilkington détiendra "la plus grande part de marché mondiale dans l'industrie du verre plat", produit destiné à la construction et à l'automobile, a affirmé le groupe nippon dans un communiqué.

Il calcule qu'il contrôlera 14% du marché mondial dans cette spécialité, soit des ventes annuelles de 760 milliards de yens (5,52 milliards d'euros). NSG-Pilkington devrait ainsi détrôner, sur ce marché, le français Saint-Gobain, dont la branche vitrages a réalisé en 2005 un chiffre d'affaires de 4,68 milliards d'euros. Pilkington est actuellement le deuxième fabricant mondial de verre pour l'industrie du bâtiment et le leader mondial des pare-brise. Il pèse environ deux fois plus lourd que son acquéreur japonais en terme de ventes.

NSG et Pilkington étaient en négociation de fusion depuis octobre. Avant d'accepter la dernière proposition du Japonais, le Britannique avait rejeté successivement deux offres à 150 et à 158 pence par action. NSG avait acquis 10% de Pilkington en 2000 et 10% de plus l'année suivante. La clôture de l'opération est prévue à la fin du mois de juin prochain.

Pilkington deviendra alors une filiale à 100% de Nippon Sheet Glass. Le prix de 3 milliards de livres comprend le refinancement de la dette de Pilkington et d'autres coûts, le montant du seul rachat d'actions étant de 1,8 milliard de livres, a précisé NSG dans son communiqué. Le groupe japonais compte financer cette acquisition en lançant un emprunt obligataire de 110 milliards de yens (798,5 millions d'euros), en contractant des prêts bancaires à hauteur de 363 milliards de yens (2,635 milliards d'euros), en vendant des actifs et en piochant dans sa trésorerie.

Nippon Sheet Glass calcule que cette opération lui permettra de réaliser des synergies d'un montant de 4,4 milliards de yens (32 millions d'euros) par an au cours des trois premières années suivant la fusion. En utilisant de façon combinée leurs capacités de production dans 27 pays, NSG et Pilkington "pourront fournir des produits de façon plus efficace et flexible" pour faire face à la demande croissante en Chine, au Brésil, en Inde et en Russie, ainsi qu'au Japon, a expliqué le groupe nippon.

Selon Yusuke Ando, analyste à l'Institut de recherche Daiwa, cette fusion résulte du besoin de mondialisation des producteurs de verre plat, un besoin lui-même né de la mondialisation des constructeurs automobiles. "Comme les constructeurs automobiles japonais tels Toyota s'en vont à l'étranger, les fabricants de verre plat ont besoin de les suivre" pour satisfaire leur demande en vitres et pare-brises, explique-t-il. "Dans ce cas, Pilkington dispose de sites de production sur des marchés à l'étranger, et Nippon Sheet Glass dispose des technologies pour produire du verre plat répondant aux exigences des constructeurs japonais. C'est là que résident les synergies de cette acquisition", ajoute M. Ando.

Pilkington, qui emploie 23.800 personnes dans 24 pays, avait réalisé un chiffre d'affaires de 2,7 milliards de livres (3,9 milliards d'euros) en 2004. Nippon Sheet Glass emploie 12.000 personnes et son chiffre d'affaires s'était élevé à 1,9 milliard d'euros en 2004.

Redacteur