Maintien de l'activité : le mode d'emploi de l'OPPBTP Vie pratique | 23.03.20

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L’OPPBTP (Organisme Professionnel de Prévention du Bâtiment et des Travaux Publics) publie un guide pour établir le PCA (plan de continuité d’activité) à l'attention des professionnels du bâtiment poursuivant leur activité afin de les aider à respecter les mesures barrières imposées par le gouvernement pour lutter contre la propagation du Covid-19.

Si les fédérations du bâtiment et le gouvernement sont finalement parvenus à s’entendre sur une reprise partielle des chantiers, la mise en place de cette reprise pourrait être plus compliquée que prévue. En effet, toutes les mesures de sécurité doivent être appliquées (port de masque, de gants, distance d’un mètre entre les collaborateurs…) pour poursuivre l'act ivité, afin de préserver la santé et la sécurité des travailleurs. 

 

C’est dans ce contexte que l’OPPBTP (Organisme Professionnel de Prévention du Bâtiment et des Travaux Publics) publie « un document d’aide pour établir (le) plan de continuité d’activité (PCA) ». Ce document permet d’aider les entrepreneurs à mieux s’organiser dans le maintien de leur activité. L’OPPBTP, qui avait déjà un service d’aide en ligne (service Prévention BTP En Direct.fr), vient une nouvelle fois faciliter le travail des PME, TPE, et entreprises artisanales compte tenu des circonstances exceptionnelles. Ce guide doit aider les entreprises à : 

 

  • organiser le maintien des activités essentielles de gestion, les dispositions à respecter pour assurer la continuité des chantiers urgents et ou de dépannage ;
  • anticiper l’arrêt des chantiers, et prévoir le maintien de certaines tâches ;
  • assurer une reprise partielle en période de confinement ;
  • anticiper la reprise de l’activité pour permettre un redémarrage rapide des travaux. 

 

Que préconise ce mode d’emploi ? 

 

Pour maintenir l’activité des entreprises, le document spécifie l’importance de prioriser les activités urgentes, et celles pouvant être reportées. Les travaux urgents doivent ainsi être maintenus par les entreprises. Le document rappelle aux patrons d’entreprises qu’il est impératif de fournir à ses salariés des dérogations de déplacements professionnels. 

 

Dans le cadre sanitaire cette fois, l’employeur doit s’assurer de la bonne santé de ses compagnons, et ne pas faire travailler ses salariés s’ils sont malades. Ce guide demande aux entrepreneurs de rappeler les mesures barrières (se laver les mains, éviter le contact physique, nettoyer le matériel utilisé, éternuer et tousser dans son coude). L’employeur devra s’assurer des moyens de transport que fréquentent ses compagnons et privilégier les modes de transport individuels. Le chef de chantier doit mettre à la disposition des ouvriers « des moyens de se laver et de se décontaminer » (lingettes, savon, gels hydroalcooliques), des « moyens de décontaminer les surfaces », et des protections plus performantes en cas de rupture des EPI. 

 

Côté matériel, le document indique aux entrepreneurs d’anticiper les commandes et d’éviter le prêt de matériels entre collaborateurs. L’employeur doit visiter quotidiennement ses chantiers pour s’assurer de la bonne tenue de ces conditions sanitaires. 

 

Que faire en cas d’arrêt des chantiers ? 

 

Les acteurs du chantier doivent être informés de l’arrêt des travaux, les noms et coordonnées des personnes à contacter en cas d’urgence sont affichés à l’entrée des chantiers. Pour sécuriser le terrain, le document recommande de couper les énergies, de sécuriser l’accès des postes en hauteur, retirer ou enfermer les matériels de valeur dans un local, et récupérer les matériaux dangereux. 

 

Prévoir la reprise des chantiers 

 

En cas de reprise des chantiers, l’employeur doit s’assurer de la disponibilité et de la bonne santé de ses employés, informer la maîtrise d’ouvrage, les CSPS, et les fournisseurs de matériaux de cette reprise. 

 

Les entreprises du bâtiment doivent prévoir les mêmes mesures de sécurité que celles demandées en cas du maintien de l’activité (moyens de désinfecter et de protéger les employés). Elles doivent également s’assurer que tous les matériels nécessaires à la reprise du chantier soient sur place, que les services d’énergie sont bien mis en route, et que la distance entre les collaborateurs est bien respectée. Enfin, pour chaque redémarrage de chantier, l’employeur formalise « ce qui sera raisonnablement envisageable de produire compte tenu des points ci-dessus ». Il présentera « aux équipes dédiées à chaque chantier cet ordre de marche à respecter ».

 

Toutefois, bien que l’État et les fédérations du bâtiment se soient accordés sur une reprise des chantiers, l’OPPBTP rappelle que « si les conditions de prévention ne sont pas remplies », l’arrêt des chantiers est recommandé. L’organisme souligne ainsi que la priorité est à la protection des salariés.

 

J.B

Photo de une ©Adobe Stock 

Redacteur

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