Un trou de 421.000 salariés dans le BTP

Vie pratique | 31.12.02
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Un trou de 421.000 salariés dans le BTP  - Batiweb
Le commissariat général au Plan vient de rendre son rapport sur les mouvements démographiques entre 2003 et 2010. En moins de sept ans, le BTP va devoir remplacer 421.000 départs à la retraite.
On dit toujours que gouverner c'est prévoir. Nous sommes dans ce cas loin du compte ! Le déficit démographique, pourtant prévisible, n'a en effet été anticipé par aucun gouvernement. Dans les prochaines années, la génération du "baby boom" - née dans l'après-guerre - va partir à la retraite. Ce phénomène va toucher tous les secteurs de l'économie. Autant dire qu'on risque une véritable saignée. Le rapport du commissariat général au Plan du 5 décembre 2002 présente le mérite de chiffrer le besoin de main-d'œuvre par branche professionnelle à l'horizon 2010. Pour le seul secteur du BTP, le rapport chiffre à 421.000 le nombre des embauches nécessaires pour compenser les départs à la retraite. "Dans la plupart des domaines industriels et de la construction, explique le rapport, la croissance de l'emploi est modeste et les départs en retraite représentent le problème le plus important." A l'inverse, d'autres secteurs devront embaucher pour faire face à une croissance forte de leur activité. C'est le cas des services aux particuliers qui devraient voir leurs effectifs augmenter de 792.000 salariés supplémentaires, du commerce (+ 306.000), des métiers de la maintenance (+ 84.000) et des industries de process (+ 176.000). Autant de secteurs avec lesquels le BTP sera, demain, en concurrence pour attirer les jeunes. Mais ce que ce rapport ne dit pas, c'est le déficit dans les qualifications auquel le BTP va devoir faire face. Car tout ce secteur, au même titre que l'artisanat en général, est profondément touché par l'absence de qualification professionnelle et surtout par le déficit de jeunes désirant s'orienter vers ces métiers. Trop durs ou trop exigeants, ils attirent de moins en moins de jeunes qui préfèrent des professions plus tranquilles. Il y a donc urgence, du côté de l'Education nationale et du Gouvernement, à mettre en valeur ces métiers si nous ne voulons pas perdre cette richesse incontestable que constituent nos artisans et nos professionnels du bâtiment au sens le plus large du terme.
Redacteur