Frappes sur l’Iran : vers une nouvelle crise énergétique ?
Publié le 02 mars 2026 à 12h30, mis à jour le 02 mars 2026 à 17h28, par Virginie Kroun

La mort d’Ali Khamenei, guide suprême iranien assassiné par les frappes américano-israéliennes le 28 février, bouleverse l’échiquier géopolitique. Il perturbe en plus l’économie mondiale, avec la fermeture du détroit d’Ormuz, point de passage du commerce international, dont l’approvisionnement en pétrole et en gaz naturel.
+39 % dans les prix du gaz européen
D’après un article des Échos, le prix d’un baril de brut pourrait monter de 73 à 100 dollars. Le brent – type de pétrole utilisé comme standard de prix – a bondi de 7,71 %, à 78,49 dollars le baril, apprend-on également dans le magazine Challenges.
L'ONU Climat s'inquiète. « Outre son coût humain brutal, ce nouveau bouleversement montre une fois de plus que la dépendance aux combustibles fossiles laisse les économies, les entreprises, les marchés et les populations à la merci de chaque nouveau conflit ou revirement de politique commerciale », déplore le patron de l’agence, Simon Stiell, sur LinkedIn.
Un impact sur l’activité des entreprises du bâtiment ? « Les répercussions sont très faibles dans l’immédiat, l’énergie directement consommée dans le bâtiment représentant moins de 1 % de l’ensemble des coûts supportés», nous répond de son côté la Fédération française du bâtiment (FFB) ce lundi matin. « Après, si l’envolée des cours du pétrole (et donc du gaz) perdure, ce sera une autre histoire puisque ces carburants sont utilisés dans la fabrication de produits pour le bâtiment. »
Or, ce lundi 2 mars à 12 h 30, les prix du gaz européen se sont envolés, avec environ +39 % sur le contrat TTF néerlandais, utilisé comme référence européenne. Il va ainsi jusqu’à 46,20 €. Cela fait suite à l’annonce de l'arrêt de la production de gaz naturel liquide (GNL) par QatarEnergy - compagnie énergétique publique du Qatar –, face aux attaques des drones iraniens.
Intérêt accentué sur les EnR
Mais que ce soit à cause de la guerre en Ukraine ou des conflits au Moyen-Orient, la crise énergétique en sortie de pandémie accentue l’intérêt envers les énergies renouvelables (EnR). Des ressources «désormais moins chères, plus sûres et plus rapides à commercialiser, ce qui en fait la voie évidente vers la sécurité et la souveraineté énergétiques », a ajouté Simon Stiell de l’ONU Climat.
Problème : « la transition mondiale est encore trop lente, et de nombreux pays en développement ont besoin d'un soutien beaucoup plus important pour pouvoir s'y engager », nuance l’intéressé.
Si le solaire est particulièrement avantageux dans des zones géographiques, son cadre réglementaire mérite d’être développé en France, comme nous l'expliquait en février Edilians sur le salon Nordbat.














