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Bouygues craint le maintien de la surtaxe pour les grandes entreprises

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Publié le 02 mars 2026 à 12h35, mis à jour le 02 mars 2026 à 17h34, par Virginie Kroun


Alors que la surtaxe exceptionnelle pour les grandes entreprises est reconduite dans le PLF 2026, Bouygues craint un maintien dans la durée. Dans son bilan 2025, le grand groupe souligne un impact de la taxe sur son bénéfice.
©Adobe Stock
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Instaurée dans le cadre du budget 2025, sur fond de tensions dans les dépenses publiques, la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises a été reconduite en 2026. « La surtaxe sera calculée sur la moyenne des bénéfices de 2024 et 2025 », lit-on sur le site du ministère de l’Économie et des Finances.  

Dans le détail, la taxe s’élève à 20,6 % pour les entreprises enregistrant un chiffre d’affaires de moins de trois milliards d’euros. Pour celles engrangeant un CA de plus de trois milliards d’euros, il représentera 41,2 %. 

De quoi préoccuper des majors de la construction, comme Bouygues. Invité de l'émission Ecorama de Boursorama le 27 février, le dirigeant de Bouygues, Olivier Roussat, a exprimé la crainte d’une reconduction en 2027 : « On a cru qu'exceptionnel, c'était sur la durée, en fait, exceptionnel, c'était sur le montant, parce qu'en fait, c'est un impôt qui existera plusieurs années. »

69 millions d’euros prélevés sur les bénéfices de Bouygues en 2025

 

« Que les entreprises contribuent (...) de façon exceptionnelle à (...) une amélioration des rentrées fiscales de l'État, pourquoi pas ? Mais si, en face, vous n'avez pas une modification du régime des dépenses, l'exceptionnel ne peut pas être exceptionnel une année, il faut qu'il dure », poursuit M. Roussat.

Cette perspective serait dommageable à l’économie selon l’intéressé. « Si vous retirez des moyens aux entreprises pour créer des richesses, elles créent moins de richesses et donc il y en a moins à partager », estime-t-il, jugeant que « nous utilisons mieux l'argent de nos investissements que l'État peut le faire».

Sur l’ensemble de ses activités (télécommunications, construction, médias…), Bouygues fait état de 56,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025. Un chiffre stable (voire à +1,3 % à change constant).

L’activité est portée à moitié par la division Construction, établie à 27,8 milliards d’euros en 2025. Soit +1 % en glissement annuel, et +3 % à périmètre et change constants. Colas se distingue, avec 16 milliards d’euros de CA (+1 % sur l’année ; +2 % à périmètre et change constants). « Le Rail progresse de 13 % sur un an, tandis que la Route est stable sur un an, dont +3 % en France et -2 % à l’international », lit-on dans le communiqué. 

10,6 milliards d’euros ont été engrangés par Bouygues Construction, marquant une progression de 3 % sur l’année (+4 % à périmètre et change constants). La progression est quasi-équilibrée entre le bâtiment en France (+4 %), à l’international (+3 %) et les travaux publics (+3 %). 

« Le chiffre d’affaires de Bouygues Immobilier est en baisse de 4 % sur un an à 1,4 milliard d’euros, et en hausse de 1 % à périmètre et change constants », est-il indiqué dans le bilan du groupe. 

Chiffres de l'activité du groupe Bouygues en 2026
Chiffres de l'activité du groupe Bouygues en 2026

Le résultat net part du groupe – c’est-à-dire les bénéfices – atteint 1,138 milliards d’euros en 2025 en globalité (80 millions d’euros en plus comparé à 2024). Sans la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises, les bénéfices seraient à 1,207 milliard d’euros (+69 millions d’euros).

En parallèle, l’activité des ETI – représentées par la Fédération française du bâtiment (FFB)a reculé de 4 % en 2025. Celle des artisans adhérents à la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB), quant à elle, se replie de 3,8 % (après -4 % en 2024). 


Un partenariat entre Bouygues Construction et Etex

 

Le 2 mars dernier, Bouygues Bâtiment France et l’industriel Etex – par le biais de sa marque Siniat – ont annoncé un nouveau partenariat. Celle-ci s’axe sur la promotion de la cloison séparative non porteuse à ossature bois. Une solution conçue collégialement et bénéficiant d’une ATEx favorable délivrée par le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) et appréciée pour son impact carbone. 

« Conçue pour les logements, les bureaux ou encore les bâtiments scolaires, cette nouvelle cloison séparative non porteuse à ossature bois offre des performances équivalentes aux solutions traditionnelles en acoustique, résistance au feu et sécurité, tout en réduisant significativement l’empreinte carbone grâce à l’intégration du bois et d’isolants biosourcés », lit-on dans leur communiqué commun.

Solution de cloison conçue par Bouygues Bâtiment France et Etex
Solution de cloison conçue par Bouygues Bâtiment France et Etex

« À ce titre, nous portons de nombreux projets et nous avons récemment développé des innovations majeures pour le secteur autour de la circularité et de la décarbonation avec la gamme Viva et les produits VivaCycle® et VivaPure®», souligne Frédéric Guetin, directeur général d’Etex France Building Performance.

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Virginie Kroun
Journaliste - Batiweb

Virginie Kroun est journaliste au sein de la rédaction de Batiweb. De la presse BD durant ses études, elle atterrit en 2021 dans l’univers BTP, dont elle ne se lasse pas. Si elle couvre tous les thèmes du secteur, Virginie a ses sujets de prédilection : justice, patrimoine, prévention et matériaux biosourcés.

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