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San Carlino, première église brûlée

Publié le 21 mai 2003

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Pour fèter l’annivesaire de Francesco Borromini, la ville de Lugano avait fait ériger une réplique en bois de 33 mètres de haut de l’église San Carlo alle Quattro. Mais dégradée, celle-ci sera brulée lors d’une grande fête. Une première…
San Carlino, première église brûlée - Batiweb
Lugano n’est pas une ville italienne mais suisse, située dans ce canton très particulier du Tessin. En effet, tout ici respire la culture italienne et pourtant, depuis 1512, la région est rattachée à la confédération helvétique. Bizarrerie de l’histoire. La ville est magnifique car située sur les bords du lac de Lugano. À l’image de Rio, elle possède également un “ pain de sucre ”, de dimension plus modeste et au centre de sa baie, l’architecte tessinois, Mario Botta, a érigé la copie de la chapelle de San Carlino de Rome. Une structure de 33 mètres de haut tout en bois. Elle est de conception récente puisqu’elle fut achevée en 1999. Mario Botta est un enfant du pays puisqu’il est né à Mondrisio en 1943, un hameau du Tessin de 300 âmes. Après des études d’architecture effectuées à Venise, il a ouvert son agence à Lugano en 1970 et s’est fait rapidement connaître par une série de maisons “ unifamiliales ”, c’est-à-dire de petites villas suburbaines pour la moyenne bourgeoisie helvète. Il reprend, en fait, la tradition vernaculaire de constructions formées d’une structure en béton et d’un remplissage de briques industrielles. Cela ne vous rappelle rien ? Si, bien sûr ! La cathédrale d’Evry, en banlieue parisienne, et qui fit couler beaucoup d’encre est de lui. Toujours est-il que la réputation de Botta a largement dépassé les frontières de son Tessin natal, et qu’il est devenu un des architectes de la “ jet set ” internationale. D’où de mirifiques contrats à l’étranger.
Aussi, quand la ville de Lugano décida d’honorer le maître du baroque italien, Franscesco Borrimini, elle fit tout naturellement appel à l’enfant du pays, Mario Botta. Cette ferveur s’explique bien évidemment par le fait que bien qu’helvète, la ville de Lugano et le Tessin tout entier sont de culture italienne. Notre architecte imagina donc cette structure en bois qui fit, certes, bel effet, mais qui était loin de posséder la qualité des maîtres italiens. Elle est aujourd’hui en si piteux état que la ville ne songe même pas à la restaurer et qu’il a été décidé, au final, de la brûler lors d’une grande fête populaire ou risque de souffler un vent chaud de paganisme. Un acte donc pour le moins païen où le passé va sûrement se venger de notre modernité.

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