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Un méridien dans l'œil du cyclope !

Au cœur d’un square de verdure en bordure du boulevard Jourdan à Paris, un obélisque surmonté d’un étrange oculus veille sur les parterres de fleurs. Autrefois, il symbolisait le repère de tous les marins du monde
Publié le 03 juillet 2002

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Un méridien dans l'œil du cyclope !  - Batiweb
Malgré les rénovations successives, Paris est toujours une ville magique. Un fin connaisseur de la ville saura débusquer les traces du passé qui prédisposent à une lecture ésotérique de la capitale. Paris est remplie de symboles divers. C'est le propre de toutes les villes d'histoire. Ainsi, si vous vous promenez du côté du boulevard Jourdan, en face du parc Montsouris - jardin à l'anglaise dessiné par l'ingénieur Alphand, collaborateur du baron Haussmann - vous pourrez apercevoir un curieux monument : une étrange stèle de pierre percée d'un oculus. Un esprit un peu curieux se demandera aussitôt de quoi il peut bien s'agir. La réponse n’est pas acquise. Cet oculus marque, en effet, le passage imaginaire du méridien de Paris. Toute une histoire. Et si vous vous penchez sur ce monument, vous pourrez y lire : " Du règne de... ". Le nom de Napoléon 1er a été enlevé, probablement sous la Restauration.
Cette mire matérialisait le passage du méridien de Paris, qui fut pendant longtemps le point universel de repère des marins du monde entier. Ce méridien passant par le centre de l'Observatoire de Paris, relie sur la carte de France Dunkerque à Perpignan. Au nord de Paris, non loin du Moulin de la Galette, une autre mire, plus ancienne que son homologue du sud, est toujours présente, mais elle est malheureusement enclavée dans une propriété dont l'accès est interdit. Mais retournons aux origines de ce fameux méridien. François Arago fut chargé en 1806, alors qu'il était encore élève à l'Ecole Polytechnique, de prolonger le méridien jusqu'aux Baléares. Pour lui rendre hommage, la France a commandé au sculpteur hollandais Jan Dibbets, un monument virtuel qui fut placé précisément sur sa trajectoire. Au-delà de cet obélisque, le monument se prolonge de 135 médaillons de cuivre, zinc et étain, scellés dans le sol parisien sur tout le parcours du méridien. Le premier de ces médaillons est visible à quelques mètres de la mire du sud. La ligne maîtresse de Paris fut cependant supplantée en 1884 par celle de Greenwich. Mais cette stèle rappelle qu'il fut un temps, jadis, où le méridien aidait les marins à tracer leur route. Les vieux géographes de passage, disent aux enfants pour les taquiner que l’on peut voir encore passer certains jours la ligne imaginaire dans le trou de l’obélisque.
Par Redacteur

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