L'Île-de-France veut construire et rénover plus de lycées Collectivités territoriales | 20.05.16

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La région Île-de-France, présidée par Valérie Pécresse (LR) vient de voter la révision en urgence et le renforcement du Programme prévisionnel d'investissement (PPI) pour les lycées. L'objectif est notamment de construire et rénover les lycées franciliens, pour répondre aux chiffres de fréquentation future. Le recours aux partenariats publics-privés (PPP) ou encore la vente d'une partie des parcelles non utilisées sont envisagés malgré les réticences de certains.
Plus de 100 chantiers de construction ou de rénovation de lycées en retard, 10 % des établissements en sureffectif à Paris, 2 500 places manquantes dans les lycées franciliens...

Le constat dressé « est alarmant », selon la région Île-de-France, présidée par Valérie Pécresse (LR), qui a décidé de voter la révision en urgence du Programme Prévisionnel d'investissement (PPI) pour les lycées.

Cette révision du PPI a pour objectif d'accélérer les chantiers de construction-rénovation de lycées. Parmi les priorités, « créer 600 nouvelles places d’enseignement général dans le secteur d’Évry-Corbeil (91) », en doublant la capacité du lycée Mendès-France de Ris-Orangis qui pourra alors accueillir 1 200 élèves.

Par ailleurs, « 12 chantiers de construction ou de rénovation démarrent cette année, notamment des lycées neufs à Boulogne-Billancourt et Courbevoie (92),  et des restructurations partielles comme à Jean-Jaurès à Paris, Alfred-Costes à Bobigny (93), Fernand-et-Nadia-Léger à Argenteuil (95)… La Région veut par ailleurs créer 3.000 nouvelles places d’internat, notamment pour les jeunes filles », précise-t-elle par voie de communiqué.

Réduire les coûts de construction

La Région entend également « accélérer les délais et réduire les coûts », notamment en utilisant « tous les outils et montages financiers disponibles », comme la vente d'une partie des parcelles des lycées non utilisées ou les partenariats publics-privé (PPP). Ces derniers rencontrent pourtant une forte opposition de la part d'EELV et du Front de gauche, qui estiment qu'ils sont « plus coûteux à long terme », et donc synonyme de « bombes à retardement ».

« Les PPP ça marche », a rétorqué la vice-présidente Agnès Evren, en charge de l'Education, rappelant qu'en Seine-Saint-Denis, 12 lycées ont été construits en 4 ans par ce biais.


Les lycées franciliens sont « dans un état préoccupant » de vétusté et en sureffectif, car « la précédente mandature socialiste n'a pas anticipé la croissance démographique » du baby-boom des années 2000, et en raison des retards des chantiers de rénovation et de construction, a-t-elle rappelé.

Elle a souligné également que « trois chantiers sur quatre étaient en retard », qu'il fallait en moyenne entre 8,5 ans et dix pour construire un lycée en Ile-de-France, et que sans nouveau PPI, « 18 000 places de lycées manqueront en 2022 ». « Nous avons actuellement dans les lycées une floraison de bâtiments démontables » qui « nous coûtent une fortune », a-t-elle insisté.

« Neuf ans pour construire des lycées, c'est un cas unique en France, » a surenchérit Mme Pécresse, estimant que les moyens d'investissement pendant la dernière mandature avaient été « quasiment divisés par deux ».

« Entrer dans les débats en disant que pendant 17 ans, les lycéens ont été abandonnés, c'est indigne », a dénoncé pour sa part Yannick Trigance, du PS.

« un PPI ambitieux » pour l'UDI

L'opposition a finalement voté contre la révision du PPI ou s'est abstenue, tandis que Les Républicains ont salué « des mesures à la hauteur des attentes » et l'UDI « un PPI ambitieux »

« La révision du PPI permettra de faire face à la croissance des effectifs, mais aussi de s’adapter aux nouvelles politiques d’orientation de l’Éducation nationale, ainsi qu’à l’évolution de la carte des formations professionnelles initiales. Pour améliorer les conditions de construction et de rénovation, la Région va améliorer la maîtrise d’ouvrage des chantiers, avec plus d’efficacité pour construire plus vite et moins cher, sans oublier de prévoir un plan de maintenance à la hauteur des enjeux, le tout sans sacrifier à l’harmonie architecturale et patrimoniale des établissements franciliens, ni aux exigences en termes de développement durable », conclut la région, dans son communiqué.

C.T (avec AFP)
© Fotolia

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